vendredi 3 avril 2009

[MYTHOS] - Le Kemono, ou l’emprise de l’anthropomorphisme sur l’art nippon


[MYTHOS] - Le Kemono, ou l’emprise de l’anthropomorphisme sur l’art nippon


Le KEMONO (qui signifie « bête ») est une forme artistique japonaise qui met en scène des animaux en lieu et place des humains, suivant une pratique anthropomorphique. Ces personnages à forme humaine sont souvent appelés JÛJIN, et parfois KEMONOBITO (« bête humaine, thérianthrope »). Anthropomorphes, ces Jûjin sont dotés de traits animaux, mais ils outrepassent en général leur apparence et agissent comme des humains à part entière. C’est d’ailleurs dans des situations typiquement humaines qu’ils sont représentés la plupart du temps, ce qui témoigne d’une volonté anthropomorphique poussée.

anthropomorphisme
l’anthropomorphisme est l’attribution de caractéristiques comportementales ou morphologiques typiquement humaines à d’autres formes de vie, voire à des objets ou des idées

Le Kemono-Taiheiki, une œuvre figurant des personnages anthropomorphisés

Ainsi, le Kemono-Taiheiki, une œuvre traditionnelle de la période Muromachi (1336-1573), figure des animaux anthropomorphes, notamment un lapin samurai qui n’est pas sans rappeler Usagi Miyamoto de l’œuvre Usagi Yojimbo créée par Stan SAKAI. Il faut voir en effet que le kemono pèse de tout son poids dans la pop-culture japonaise, et que les Jûjin sont très présents dans les jeux vidéo, anime et manga. Le kemono a ainsi donné naissance au kemonomimi, qui se traduit littéralement par « oreilles d’animal », un mouvement qui décrit les parures animales (oreille et queue par exemple) que revêtent certaines personnes.

emaki
système de narration horizontale illustré

Une scène du Chôjû-Giga

Quoi qu’il en soit, le kemono a profondément marqué l’art japonais, et ce jusqu’à aujourd’hui. On peut citer l’exemple du CHÔJÛ-GIGA, ou Caricature de la faune, que l’on connaît aussi sous le nom CHÔJÛ-JINBUTSU-GIGA, ou Caricature de personnages de la faune, un ensemble d’emakimono du XIIe siècle qui appartient au temple Kôzan-Ji de Kyôto. L’œuvre est traditionnellement attribuée au moine Kakuyû (1053-1140), plus connu sous son titre honorifique Toba Sôjô. Le premier rouleau de ces emaki représente des animaux (grenouilles, lapins ou singes), batifolant comme s’ils étaient humains, reprenant là les grands poncifs du kemono. A noter que ce rouleau, tout comme le deuxième (sur les quatre que comporte l’œuvre) sont conservés actuellement au Musée National de Tôkyô et sont classés Trésor National.

Usagi Yojimbo, une oeuvre constituant un parfait exemple du kemono contemporain

A VOIR
FANG, communauté japonaise des fans de kemono
SAKAI Stan, Usagi Yojimbo, Paquet, 2005

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