vendredi 17 avril 2009

[ERGO SUM] - URUSHIBARA Yuki, Mushishi : Ginko, le Maître des Insectes


[ERGO SUM] - URUSHIBARA Yuki, Mushishi : Ginko, le Maître des Insectes

« Ces êtres tenus pour tout à fait lointains… ces êtres apparemment inférieurs, étranges, totalement différents des animaux et des végétaux familiers… les hommes qui les redoudent depuis les temps anciens les appellent MUSHI. »

MUSHISHI, à l'origine Mushi-Shi, littéralement "le Maître des Insectes," est un terme qui s’attache à décrire GINKO, personnage principal du manga éponyme écrit et illustré par la talentueuse mangaka Yuki URUSHIBARA. C'est depuis 1999 que Mushishi est prépublié dans le magazine Afternoon de la Kôdansha, et si son succès ne démérite pas, c'est sans doute à cause de son ambiance unique et de son héros.

D'une certaine façon, la manière dont Yuki URUSHIBARA aborde la tradition dans sa série la rapproche beaucoup du célèbre Shigeru MIZUKI, la différence principale étant dans le traitement de l'histoire. Toutefois, d'une certaine façon, les mushi s'imposent naturellement comme l'équivalent des yokai chers au créateur de Kitaro. Il faut voir que le contexte dans lequel prend place l'histoire de Ginko est volontairement flou, ce qui est aussi une manière d'évoquer la tradition japonaise sans pour autant s'y circonscrire: néanmoins, l'atmosphère reste similaire, avec cette impression que les hommes vivent dans un monde où des créatures vivent dans l'invisible...

Ginko au milieu de la nature, dans un wallpaper pour la version DS du jeu adaptant le manga

Ginko, héros atypique marqué essentiellement par son caractère flegmatique, est un guérisseur itinérant, qui se laisse porter par le hasard, et enquête au fil de ses pérégrinations sur des affaires mystérieuses ayant trait aux MUSHI.

« Tout ce que tu as dessiné, ce sont des mushi. Mais cela n’a rien à voir avec les insectes ou les reptiles. Pour t’expliquer, en gros, si les quatre doigts de cette main représentent le règne animal, et le pouce, le règne végétal, alors l’être humain se trouve sans doute ici, à l’extrémité du majeur, le doigt le plus éloigné du cœur. Quand on descend vers la paume, on arrive dans les classes de formes de vie les plus primitives. En arrivant au poignet, les vaisseaux sanguins se regroupent. C’est le niveau des bactéries et des micro-organismes. Arrivé à ce stade, il devient difficile de distinguer l’animal du végétal. Pourtant, en allant plus loin, on découvre encore d’autres choses . On remonte le bras, on passe l’épaule… et c’est sans doute quand on arrive à peu près ici [le coeur] que l’on trouve ce que l’on nomme mushi ou encore « choses vertes ». Ces choses sont très proches de l’essence de la vie elle-même. Plus on s’en approche, plus il devient difficile de percevoir leur apparence ou leur existence. Il y a deux catégories d’humains : ceux qui peuvent voir les mushi et ceux qui ne le peuvent. »
Ginko explique au petit Shinro Ioroi l'essence des êtres appelés mushi

Les mushi... ce sont des organismes de l’invisible, supposées être à l’origine de toutes les autres formes de vies. Ces êtres vivent dans le corps des humains, quelques fois pour les guider, mais souvent pour leur nuire, comme par exemple quand une petite fille est aveugle à cause de ces créatures, et qu'elle recouvre la vue après l'intervention du guérisseur.

Un guérisseur ?

En effet, Ginko peut guérir les personnes frappées par les mushi: de fait, il est est l’un des rares humains ayant la capacité de les voir : aussi, il s'est donné pour mission de traquer ces créatures afin de permettre à leurs hôtes de vivre en paix.

« On appelle «sens du surnaturel» la faculté de saisir ce que l’on a du mal à percevoir avec les cinq sens. »
Ginko évoquant son pouvoir

Comme à ses habitudes, Ginko sort de nulle part pour aider les victimes des mushi

Dix volumes compulsant des histoires courtes permettent de faire connaissance avec Ginko, seul élément récurrent du manga avec les mushi : en effet, même l'époque semble fluctuante dans Mushishi.

L
e héros d'URUSHIBARA évolue en effet à une époque indéterminée du Japon, l'auteur précisant bien que le premier épisode de son histoire était supposé se dérouler à l'époque moderne, mais que la suite l'a amenée à relativiser cette idée: de fait, selon ses propres mots, elle « n'a pas déterminé d'époque fixe. Pour certains, il s'agit de l'époque où le Japon avait fermé ses frontières aux étrangers. Pour d'autres, d'une époque imaginaire, à mi-chemin entre Edo (1616-1867) et Meiji (1868-1912).»
Note de l'auteur à la fin du tome # 1 de Mushishi

Très proche de la nature qu'il respecte par-dessus tout, il n'en est pas moins attaché à l'humanité qu'il tente de protéger de l'emprise de certains mushi. Il est vrai que les personnes qu'il croise doutent souvent de ses capacités, et son apparence n'y est peut-être pas pour rien: en effet, il erre pieds nus, sans bagages, et se montre toujours en train de fumer. Cependant, il parvient la plupart du temps à résoudre les affaires sans mal, car il a une connaissance encyclopédique de l'univers de mushi. Aussi, en bon guérisseur, il sait quel remède appliquer à son patient pour le libérer et lui permettre de retrouver une vie normale.

Ginko s'impose donc comme un personnage original: de prime abord, il semble difficile de s'attacher à lui, mais son altruisme et son calme le rendent foncièrement appréciable. Le fait qu'il n'ait aucune attache, qu'il vienne en aide aux autres sans jamais être intéressé, en font un marginal aux motivations troubles. Cependant, c'est quand il enquête et détermine les maux de ses patients que son cœur s'ouvre, et que les personnages, en même temps que le lecteur, apprennent à le connaître réellement.

A VOIR
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 1, 2007, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 2, 2007, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 3, 2007, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 4, 2007, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 5, 2007, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 6, 2008, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 7, 2008, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 8, 2008, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 9, 2008, Kana
URUSHIBARA Yuki, Mushishi # 10, 2009, Kana

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