vendredi 20 mars 2009

[ERGO SUM] - The Midnight Meat Train: Léon Kaufman & la photographie, entre art et deviance

[ERGO SUM] - The Midnight Meat Train: Léon Kaufman & la photographie, entre art et deviance

Un homme mystérieux.

Il arbore un complet gris impeccable. Il porte une bague, et une mallette.

Chaque nuit, il attend le dernier métro. Chaque nuit, les passagers disparaissent.

NEW YORK. Cette ville fascine.

Cela fait des mois que LEON KAUFMAN (Bradley COOPER, Alias, Nip/Tuck) l’arpente jour et nuit. Photographe en quête de reconnaissance, il cherche à capter l’essence de la cité sous son aspect le plus sombre… peut-être le plus pessimiste, mais en tous cas, son aspect le plus réaliste. Sans le savoir, sa passion va finir par le piéger dans un engrenage mortel.

photographie
la photographie est une technique qui permet de créer des images par l’action de la lumière.
Le terme correspond également à l’image obtenue ainsi, mais aussi à l’art graphique qui l’utilise.


Léon découvrant ses clichés

C'est presque par hasard, au cœur du métro, que Léon va être témoin de l’agression d’une jeune femme, dont il apprendra la disparition dès le lendemain. La police, incarnée par la détective Lynn Hadley (Barbara Eve HARRIS, Prison Break), semble totalement indifférente quand il vient raconter qu’il a vu la jeune femme prendre le dernier métro où se trouvait un homme dont il a pris en photo la main baguée. Il va alors tenter de retrouver le mystérieux personnage à qui cette bague appartient, persuadé que le personnage est forcément lié à ce qui s'est passé.

Paralèllement, via l’entremise de sa compagne Maya (Leslie BIBB, Iron Man) et de Jurgis (Roger BART, Hostel 2, Desperate Housewives, The Room), il est amené à rencontrer Susann Hoff (Brooke SHIELDS, Sahara), une galeriste réputée dans le milieu. Celle-ci se montre particulièrement intéressée par le travail du jeune photographe, et elle lui offre de participer à une exposition s’il lui ramène encore deux clichés aussi marquants que ceux de l'agression de la jeune femme disparue. Léon est emballé. Pour réussir, il est prêt à plonger plus loin encore dans l’exploration de la noirceur de la ville, ce qui ne tarde pas à le conduire sur les traces de l’homme à la bague, le terrible MAHOGANY (Vinnie JONES, Snatch, Eurotrip, X-Men: The Last Stand), un tueur en série surnommé le BOUCHER DU METRO, qui chaque soir, attend le dernier métro pour assassiner avec sauvagerie ses passagers.

Léon fait face à Mahogany. Une première rencontre déterminante...

La curiosité malsaine, conjuguée au hasard, vont ainsi précipiter brutalement les événements...

voyeurisme
le voyeurisme décrit un comportement amoral, basé sur l’attirance malsaine à observer l’intimité d’une personne en cherchant à y éprouver une certaine délectation.

La fascination malsaine de Léon va alors l’amener à visiter l’abattoir où le tueur travaille, mais aussi à découvrir dans les souterrains une station abandonnée qui abrite le mal… Les Enfers, peut-être ? En tous cas, ses occupants ont tout des démons qui y rôdent. Et Léon ne va pas en sortir indemne. De fait, s’il survit à cette expérience traumatisante, le photographe est profondément marqué. Psychologiquement, mais aussi et surtout physiquement, puisqu’il porte sur le torse les stigmates de sa rencontre avec les créatures infernales.

A partir de ce moment, il sombre de plus en plus dans les ténèbres… Lui qui avait déjà des visions des massacres de Mahogany depuis le jour où il l’a photographié, comme s’il s'était imprégné du tueur, se voit dorénavant à la place de l’assassin commettant ses oeuvres de mort.

Mahogany, attendant le moment pour frapper

Sans le vouloir, il va pousser Jurgis et Maya, inquiets de son sort, à se mettre sur les traces de Mahogany, allant même jusqu’à pénétrer dans son antre afin de retrouver l’appareil de Léon et les photographies compromettantes pour l’assassin. Mais là, Jurgis va devenir une nouvelle victime du tueur. Après avoir fui et compris l'inefficacité des autorités, Maya tentera de retrouver son ami, pour être finalement confrontée à la réalité des disparitions au cœur du métro de minuit : Mahogany tue systématiquement les derniers voyageurs, puis il leur arrache les dents, coupe les ongles, et retire les yeux, avant de les suspendre comme de simples carcasses animales.

Et c’est l’intervention inoppinée de Léon, prêt à éliminer le mal une bonne fois pour toutes, qui donnera son sursis à Maya. Déterminé et armé de couteaux de boucherie, il va défier le Boucher, et leur terrible combat s’achèvera en Enfer… où le métro plonge quotidiennement pour son dernier arrêt. A cet instant, Léon pense avoir vaincu le tueur, et il pense avoir sauvé Maya.

Maya et Léon pensent en avoir fini par Mahogany...

Mais là, tous deux voient les créatures démoniaques venir chercher leur nourriture, ces humains, tués impitoyablement, et s’en nourrir pour préserver l’intégrité des deux mondes, comme l’explique alors le conducteur de la rame (Tony CURRAN, The League of Extraordinary Gentlemen, Miami Vice, Underworld: Evolution), un autre serviteur des démons.

Mahogany éliminé, Maya est sacrifiée.

Léon, qui se fait arracher la langue pour ne plus parler, va alors comprendre qu’il n’a pas d’autre choix… A partir de maintenant, lui aussi va devoir servir. Servir comme le conducteur. Servir comme la détective Lynn Hadley. Servir comme Mahogany avant lui. Servir… et tuer.

Maintenant, lui aussi porte un complet impeccable et arbore cette bague qui symbolise le pacte.

Lui aussi attend le dernier métro.

Lui aussi tue.

Pour le métro de minuit, le dernier arrêt a un nom : LA MORT.

L'affiche du film Midnight Meat Train

C'est avec ce nouveau cycle que s'achève le film de Ryuhei KITAMURA. Comme à son habitude, le réalisateur livre une oeuvre sanglante et des personnages marquants. Léon Kaufman porte le film de par sa lente déchéance. Si le spectateur est absorbé par l'aura du tueur Mahogany, le côté voyeuriste et pervers du photographe suscite naturellement l'intérêt, d'autant plus quand ce sont ces défauts qui le mèneront à sa perte.

Indubitablement, le caractère du héros est défini par une scène: celle de l'agression. A savoir qu'il assiste aux maltraitances de la jeune femme dans le métro sans broncher, ne pensant qu'à prendre ses photos... C'est finalement pris de remords qu'il intervient, mais on voit que dans un premier temps, il ne pense absolument pas à la gravité de ce qui se passe devant ses yeux. Une scène remarquablement filmée, et qui permet de comprendre l'ambiguité du héros. Cette scène trouve écho plus tard dans le film, notamment quand Léon rejette Maya pour s'isoler, ou quand il n'arrive pas à la prendre en photo, ne pensant qu'au tueur qui nourrit son obsession.

Le personnage campé par Bradley COOPER est assurément complexe, doté d'une moralité douteuse. Cependant, le fait de le confronter à un véritable monstre, tend à atténuer cette impression. Pourtant, rapidement, on assiste à la pénétration fatale du héros dans le dédale enténébré du Mal, quitte à finalement devenir lui-même le monstre...

A VOIR
Film
Le Site officiel de The Midnight Meat Train
KITAMURA Ryuhei,
The Midnight Meat Train, 2008
Nouvelle
BARKER Clive, Le Train de l’Abattoir, dans Livres de Sang # 1, J’ai Lu, 2001

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