mardi 10 février 2009

[DELIRIUM] - MAX, 13 Bis


[DELIRIUM] - MAX, 13 bis

La section [DELIRIUM] accueille aujourd’hui un invité, MAX, qui nous livre l’une de ses créations, une nouvelle au titre mystérieux, 13 bis, qui s’impose comme une expérience narrative originale et dévoile le côté sombre de son auteur.

13 bis

La valise dégringola les escaliers et s’ouvrit sur le choc, déversant les vêtements qui y avaient été enfournés. Thomas s’avança et commença à plier soigneusement les affaires chiffonnées par leur empaquetage brutal. Un sac souple suivit la trajectoire du bagage, aussitôt suivi de Julie, dont le visage si doux s’était teinté d’une froide colère.
- Reste, s’il te plaît, la supplia Tom en lui tendant une pile de linge.
- Hors de question, répliqua la jeune femme en fourrant la pile dans sa valise.
Avec hâte, elle ramassa t-shirts, pulls et petites culottes, en oublia la moitié sur le sol, referma la valise, prit ses bagages et sortit en claquant la porte.

Ce soir-là, Thomas ne rentra pas sa voiture dans le garage mais se parqua juste devant. Sa journée de travail avait été épuisante et il n’avait qu’une envie : rentrer chez lui et s’affaler dans le canapé.
Il habitait une maison dans un quartier résidentiel - le n° 13 qu’il partageait hier encore avec Julie, sa compagne. Le 13 et le 13 bis étaient mitoyens et avaient donc un mur commun. Malgré cela, Tom n’avait jamais croisé ses voisins mais ce soir-là, il vit une jeune femme brune placer sa voiture pour entrer dans le garage du 13 bis.
L’inconnue coupa le moteur, jeta un œil à Thomas et sortit du véhicule.
- Bonsoir, dit-elle en s’avançant. Je suis Eléonore, votre voisine.
- Bonsoir, répondit Tom, peu loquace.
Il plongea dans les yeux bleus argentés de la demoiselle, se perdant dans ce regard pénétrant qui semblait lire ses moindres pensées.
- Je pourrais vous demander un petit service ? renchérit Eléonore.
Je veux juste mon canapé, pensa Tom.
- Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? fit-il.
- Je n’arrive plus à ouvrir ma porte de garage, expliqua son interlocutrice. Je ne sais pas pourquoi, je dois manquer de force…
- Sans doute, soupira Tom, ne cachant pas qu’il voulait en finir au plus vite.
Il saisit les clés que lui tendait sa voisine, se dirigea vers le garage, déverrouilla la porte et tira violemment dessus. Dans un grincement assourdissant, elle se souleva pour révéler un ignoble capharnaüm ainsi qu’une voiture rouillée. A cette heure, la lumière était faible mais Thomas reconnut les formes de l’automobile : une Clio.
- Je crois que vous allez devoir débarrasser ce bordel avant de pouvoir rentrer, grommela-t-il en désignant l’amoncellement d’objets.
- Oh ! s’étonna Eléonore. Ca m’était complètement sorti de l’esprit.
Elle tira sur la porte de garage et la referma sans aucune difficulté.
- Je vous offre un verre, pour vous remercier !
Elle saisit Tom par le bras et l’attira sur le perron.
- Mais… protesta-t-il.
- Allons, Thomas, tu n’as rien à faire ce soir, tu es tout seul, le coupa-t-elle.
- Je vous demande pardon ?
- Nous n’avons qu’un mince mur entre nos deux demeures, rappela-t-elle. Tout s’entend… Alors, tu rentres chez toi te morfondre du départ de Julie ou tu me suis ?
Le ton employé était calme et posé ; en tout cas il n’était sûrement pas aguicheur. Quelque chose chez cette fille intriguait Tom et sa remarque avait touché au but.
- Je te suis !

Les glaçons tintèrent en tombant dans les verres, le son à peine atténué par les quelques décilitres de whisky versés allègrement. Eléonore tendit le fort breuvage à son invité qui put observer une entaille assez longue sur sa main.
La jeune femme s’allongea lubriquement sur le canapé et encouragea son hôte à profiter du fauteuil en face. Elle but son verre d’un trait, le posa sur le sol et plongea sa main droite sous l’un des coussins qui décorait le sofa.
- Je te plais ? souffla-t-elle.
Sa phrase eut beau briser le silence, elle mit Tom encore plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà. Eléonore ressortit la main placée sous le coussin pour découvrir la paire de menottes qu’elle tenait.
- Tu veux jouer avec moi, Thomas ?
Aucune réponse ; il baissa les yeux.
Lascivement, la demoiselle alla s’asseoir sur Tom et l’embrassa sur la joue.
- Pauvre Thomas, tu es si seul, gémit-elle.
Le jeune homme sentit un contact froid et dur sous son œil. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu’Eléonore avait troqué ses menottes pour un scalpel.
- Tu ne devrais pas la regretter, poursuivit-elle en se frottant à lui. Votre relation était malsaine : vous n’arrêtiez pas de vous engueuler.

Son corps ondule sur vous, éveillant des sentiments contradictoires. Vous ne savez pas comment réagir, troublé par son attitude et ses propos. Puis, vous sentez un trait glacé parcourir votre joue et immédiatement le froid se transforme en flammes brûlantes. La lame a effleuré votre chair, créant un fin sillon d’où le sang commence à s’écouler.
Elle sourit, ravie de ce qu’elle a fait, et appose sa langue humide sur la plaie. La cicatrice sera visible quelques jours, mais vous n’êtes pas en danger. Vous lui arrachez l’instrument coupant des mains. Pas par crainte d’une deuxième coupure, pas pour vous défendre, mais pour montrer qui a le pouvoir.
Vos corps s’étalent sur le sol, elle se débat et tente de saisir la lame mais vous êtes plus rapide et alors que vous envoyez l’arme au loin, vous lui tailladez accidentellement le bras.
Le scalpel est hors de portée mais le mal est fait…
Telle une sauvageonne, elle s’agrippe à vous, griffe et frappe. Un coup vous atteint à la joue, l’autre fait saigner votre nez.
Vous n’êtes plus vous-même, contaminé par la folie qui vous agresse. Vos sangs se mêlent, les corps chauffés par l’effort mélangent leurs sueurs et dans cet ébat bestial, l’un comme l’autre, vous vous laissez guider par l’appel de la chair.
Ses mains retrouvent les menottes qui gisent à terre et elle s’attache au pied du fauteuil, offrant son corps à votre puissante personne.

Tom rentra chez lui à toute allure, ouvrit le minibar et versa quelques gouttes de whisky dans sa main avant de l’apposer sur sa joue. La brûlure qui en résultat le fit frissonner mais il se ressaisit, puis porta porter la bouteille à ses lèvres et but avidement.
Il monta en titubant dans la salle de bain et remplit la baignoire. Abasourdi, il s’immergea complètement, comme si l’eau avait pu le protéger du monde extérieur.

Le lendemain matin, lorsque Thomas entra dans son bureau, il eut droit à un regard interloqué de Marc, son collaborateur.
- Il t’est arrivé quoi ? l’interrogea-t-il.
- Rien, éluda Tom.
- Rien ? T’as une balafre de dix centimètres et un bleu sur la joue, je te signale. Tu t’es fait ça comment ?
- J’avais placé un couteau en hauteur, mentit Tom. Il m’est tombé dessus quand je faisais la cuisine.
- T’as eu de la chance, commenta Marc d’un ton révélant qu’il n’était pas dupe.
Il tendit un dossier à son collègue et posa une main sur son épaule.
- Ressaisis-toi, Tom, souffla-t-il. Je sais que la rupture avec Julie a été dure, mais tiens le coup !

En entrant chez lui, Thomas jeta un œil au 13 bis. Ne voyant pas de lumière, il en déduisit qu’Eléonore n’était pas là. Une fois dans son salon, il décrocha le téléphone et appela les renseignements.
- Bonjour, je souhaiterais avoir le numéro de téléphone du 13 bis rue Bismarck, code postal 92400, demanda-t-il.
Silence. La voix dans le combiné retentit.
- Comment ça : « Il n’y a pas d’abonnés.», s’étonna Tom. Le numéro est sur liste rouge ?
Une seconde affirmation, plus catégorique cette fois.
- Personne à ce numéro, j’ai compris. (Une pause.) Merci, bonne soirée à vous aussi.
A peine avait-il raccroché qu’Eléonore frappa à sa porte. Sur sa joue, on pouvait voir un bel hématome.
- Bonsoir, dit-elle quand il lui ouvrit.
- Bonsoir… je voulais te voir…
- On peut parler ? Chez moi ! se reprit la jeune femme.
- Bien sûr.
Il la suivit dans sa maison.
- Pourquoi m’as-tu frappé ? se plaignit-elle quand ils furent à l’intérieur.
- Je suis désolé, s’excusa Tom en lui caressant le visage. Tu m’as provoqué, je me suis emporté, je…
- Tu pouvais me maîtriser, contra-t-elle.
- C’est vrai, admit Thomas.

Alors que Julie jetait ses bagages à l’arrière de sa voiture - une Clio bleue -,Tom franchit la porte qu’elle lui avait claquée au nez.
- Reste !
Sa compagne lui jeta un regard noir.
- S’il te plaît… murmura-t-il.
- Et qu’est-ce que tu m’offres ? rugit-elle avant de fermer la porte du véhicule et de s’avancer vers lui. Tu as vu comment tu me traites ?
Même si Thomas - placé sur le perron - la dominait de plusieurs centimètres, en cet instant c’était Julie qui menait le jeu. Elle monta les deux marches qui la séparaient de son ex et déposa ces mots à son oreille :
- Comment réagirais-tu si tu n’étais qu’une pauvre fille innocente et si celui qui dit être l’homme de ta vie ne sait que t’humilier, qu’il te force à utiliser des menottes pour assouvir ses fantasmes pervers, qu’il aime te voir souffrir ?
- Je ne t’ai jamais fait de mal, protesta Tom.
- Pas encore, approuva Julie. Mais quelle est la seule fois en un mois où nous avons fais l’amour ?
Pas de réponse.
- Je vais te rafraîchir la mémoire, grinça-t-elle. Mercredi dernier : quand j’ai fait tombé le couteau sur mon bras. La vue du sang t’as excité, sale pervers !

Les pensées de Tom furent interrompues par la sonnerie du téléphone. Eléonore disparut répondre à l’arrière de la maison. Thomas l’entendit échanger quelques mots, puis plus rien.
Je croyais qu’elle n’avait pas le téléphone, se souvint-il.
Il attendit environ une minute puis quand le silence lui parut trop long, il se décida à suivre Eléonore. Toutefois, dès qu’il franchit la porte où elle avait disparut, il ressentit un profond malaise.
Il se trouvait dans un corridor au papier peint vert pâle orné de tâches brunes. Le couloir tournait au bout de quelques mètres à droite comme à gauche. Indécis, Tom finit part aller à droite.
Dès qu’il eut tourné, il entendit une respiration haletante derrière lui, suivie de quelques grincements de lattes de parquets des plus inquiétants. Il se retourna vivement mais ne vit rien de plus que les murs verts et leurs tâches glauques.
Le jeune homme poursuivit son chemin et obliqua à plusieurs reprises avant de faire face à une porte en bois, hélas fermée à clé. De plus, il avait l’étrange impression d’avoir parcouru plus de distance qu’il ne l’était possible dans une maison d’une telle surface.
Soudain, des bruits de pas hâtifs résonnèrent. Thomas prit peur et commença à tourner frénétiquement la poignée de la porte. Devant l’inutilité de son geste, il donna un coup et le bois céda légèrement sous l’impact.
- Tu es là ?
Le ton d’Eléonore était glacial et s’accordait parfaitement avec son teint si pâle. En cet instant, la lueur qui animait son regard bleu argent n’éveillait en Tom qu’un sentiment d’inquiétude.
Bloquant la seule issue possible, la jeune femme tenait à la main un long couteau de cuisine.
- Que comptes-tu faire avec ça ? demande Tom en désignant la lame.
- Tu n’as rien à craindre, le rassura Eléonore. Tu ne vas pas mourir, toi !
- Moi ? Pourquoi dis-tu ça ?
- Tu oublies si vite le mal que tu fais, Thomas, soupira Eléonore.
Alors elle le poussa si fort qu’il passa à travers la porte.
Il se trouvait dans une salle complètement sombre, mais la lumière provenant du corridor suffit à illuminer la Clio rouillée. Eléonore resta à l’observer quelques secondes avant d’effleurer l’interrupteur ; la lumière envahit le garage.
- Le coffre, cracha la jeune femme en désignant la voiture.
Tom alla à l’arrière du véhicule et souleva le coffre entrouvert. A l’intérieur, une bâche recouvrait quelque chose.
Un instant d’hésitation…
Priant pour que son cœur ne soit pas expulsé de sa poitrine par la force de ses battements, Thomas souleva la bâche et horrifié, il se mit à suffoquer. Ce doux visage qu’il avait caressé était couvert de contusions, ce regard qui avait véhiculé tant d’amour inspirait l’effroi et cette nuque où s’étaient déposés de doux baisers s’ornait d’hématomes noircis.
Telle gisait Julie, morte et perdue à jamais.
- Que… Que lui as-tu fait ? balbutia Tom en frissonnant.
- Que lui as-tu fait ! rectifia Eléonore.
Les souvenirs envahirent l’esprit du jeune homme, suivis d’une frayeur incontrôlable. Paniqué, il courut vers la sortie, bouscula sa voisine, traversa le long corridor tortueux à toute allure, sortit du 13 bis et se réfugia chez lui où il ferma la porte à double tour.
Essoufflé, il reprit sa respiration pendant quelques minutes puis décida d’aller inspecter son propre garage. La Clio bleue de Julie s’y trouvait mais à ce stade, cela n’étonnait plus Thomas.
Hagard, il ouvrit le coffre, saisit la masse bâchée qui s’y trouvait et alla dans sa chambre.

- La vue du sang t’as excité, sale pervers !
Les mots de Julie le blessèrent plus que s’il elle ne l’avait frappé. Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment était-elle capable de renier l’amour qui les unissait ?
- Tu ne me laisse pas le choix, souffla Tom.
- Que… éructa sa moitié.
Mais il était trop tard, Thomas avait pris sa décision et ne pouvait plus reculer. Déterminé, il apposa sa main devant la bouche de Julie, serra son bras contre son cou et l’amena difficilement sur le perron pendant qu’elle se débattait.
- Du calme, chuchota-t-il.
Les gémissements horrifiés parvenaient à peine à ses oreilles, le son étouffé par la main qui appuyait de plus en plus fort, empêchant la jeune fille de respirer. Tentant à tout prix de se libérer de cette étreinte forcée, elle se contorsionna dans tous les sens et essaya de frapper Tom.
Hélas, ce dernier tint bon et l’emmena à l’intérieur. Là, il envisagea de la lâcher pour lui faire entendre raison, mais à peine avait-il diminué la pression que Julie tentait d’appeler à l’aide.
Il plaqua à nouveau sa main sur ses lèvres et la frappa à plusieurs reprises ; rien n’y fit. Désespéré, Thomas décida de supprimer définitivement le risque d’être entendu. Sa main libre s’agrippa au cou de sa compagne et se contracta petit à petit, réduisant les gesticulations de Julie à néant.
Il eut besoin de plusieurs minutes avant de réaliser qu’il n’avait pas mis fin qu’à ses gesticulations.
Aussitôt, il sortit dans la rue et vérifia que personne n’avait été témoin de la petite altercation qui avait eu lieu dehors. Heureusement pour lui, il était tard et toute la rue était gentiment rentrée chez elle.
Tom ouvrit le garage et y parqua la voiture de Julie. Puis il se rendit dans le salon, saisit le corps inanimé et le plaça dans le coffre de la Clio avant de le recouvrir d’une bâche.

Le matin qui suivit sa mésaventure avec Eléonore, Thomas sortit pour aller travailler. Prudent, il décida de vérifier si sa voisine ne l’agresserait pas quand il se rendrait à sa voiture.
Cela ne risquait plus d’arriver.
Alors qu’il jetait un œil au 13 bis, Tom constata la disparition de la maison. Sa demeure n’était plus accolée à aucune autre ; le 13 bis avait disparu. A la place, une simple cour intérieure encadrait sa propriété.
Affolé, il retourna se barricader chez lui.
Tout au long de la journée, son téléphone fixe sonna plusieurs fois, puis ce fut au tour de son mobile. A aucun moment, Thomas n’eut le cœur à répondre. Allongé sur le canapé, recroquevillé comme un fœtus, il ne sortit de sa torpeur que lorsque la sonnette retentit, suivie de coups sourds.
On frappait à la porte.
Apeuré, Thomas osa à peine se relever du sofa et observa la silhouette de celui qui osait l’importuner. Eléonore revenait-elle pour torturer son esprit?
- Tom, ouvre, c’est Marc !
Marc, son collègue, son ami, son confident !
Thomas entrouvrit la porte et vit qu’il faisait déjà nuit.
- Ca ne va pas ? demanda Marc, inquiet.
- N… non, bégaya Tom.
- Je peux faire quelque chose pour toi ?
- Oui, lâcha l’autre après un petit instant de réflexion. Tu peux me dire si tu vois la maison mitoyenne ? Le 13 bis ?
Apparemment gêné, Marc regarda à droite, puis à gauche, avant d’observer longuement son ami.
- Mais Tom, il n’y a pas de 13 bis… il n’y a qu’une cour !
Les larmes vinrent aux yeux de Thomas et il se mit à trembler d’effroi. Jetant un dernier regard à son collègue, il lui claqua la porte au nez.
- Ouvre ! cria Marc en tambourinant. Tom ! OUVRE !
Appels inutiles ; Thomas était ailleurs. Monté à l’étage, il se dirigea vers sa chambre où il rejoindrait sa compagne.

Vous entrez dans ce qui a été votre nid d’amour, votre territoire personnel, où ont pu s’exprimer vos sentiments les plus forts.
- Chéri ? sa voix remplit votre cœur d’un bonheur indicible. Tu viens te coucher ?
- Oui, réussissez-vous à dire malgré l’émotion.
Vous commencez à vous déshabiller. Vous n’avez qu’une envie, vous blottir contre elle, sous la couette.
- Qu’est ce qui ne va pas, mon petit Tom ?
Elle vous tend la main, c’est l’occasion de demander pardon.
- Je m’excuse si mon attitude t’a blessée, formulez-vous. Je n’ai jamais voulu te faire de mal.
- Je sais mon Amour, souffle-t-elle. Je sais…
Excuses acceptées.
Du moins, c’est ce que votre esprit torturé réussit à vous faire croire. Convaincu que l’être qui vous était le plus cher vous a pardonné la mort atroce dont elle a été victime, vous vous allongez sur le lit, vos bras enlaçant ce qui reste d’elle.
- Je t’aime, dites-vous.
Votre folie a pris le dessus et vous ne vous apercevez même pas que le corps que vous serrez s’est à moitié décomposé. L’odeur de la mort a été recouverte par le doux parfum qu’elle portait, celui dont vous pouviez sentir les effluves durant ces rares moments de tendresse.
Désireux de vous couper du monde et de son horrible réalité, vous recouvrez vos deux corps de la bâche. Là encore, ce contact froid vous apparaît comme la plus douce des couvertures.
Tout ce que vous entendez, c’est la promesse imaginaire d’un amour retrouvé. Et sa voix suave qui laisse échapper ces trois mots :
- Je t’aime.

Vous pouvez retrouver MAX dans un entretien qu’il nous a accordé pour [DELIRIUM bIS].

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