samedi 28 février 2009

[MULTIVERSE] - Dead Space, part I : Original Sin


[MULTIVERSE] - Dead Space, part I : Original Sin


I- Days of the Future Past

Dans un futur proche, la Terre connaît une période de troubles sans précédents. En effet, les ressources de la planète ne suffisent plus à alimenter les besoins d’une population au nombre toujours croissant. Aussi, certains hommes ont utilisé toutes leurs capacités pour mettre au point la technologie permettant de construire et d’envoyer des vaisseaux interstellaires explorer l’espace pour contrer cette pénurie menaçante.

La CEC, une entreprise crée pour la survie de l'humanité

Aussi une entreprise, la CEC, pour Concordance Extraction Corporation, a dépêché nombre de vaisseaux afin d’explorer l’espace et découvrir de nouveaux mondes pouvant servir ces besoins vitaux. Ainsi, des équipes de mineurs parcourent sans cesse la Galaxie afin de prélever des échantillons sur différentes planètes, extrayant d’énormes blocs de roche pour en déterminer la composition, et trouver les ressources qui rendront possible la survie de l’homme.

Un vaisseau de la CEC procédant à un échantillonnage

C’est au cours de ces investigations que MICHAEL ALTMANN fait une découverte importante. Nous sommes alors en 2.300. Alors que son équipe procède à l’extraction de minéraux, il exhume un artefact étrange, qui résiste à toutes les analyses et possède une étrange aura. Au point qu’Altmann va y voir une épiphanie. Il l’identifie comme une marque divine, un objet qui est à même de révéler des vérités troublantes sur l’Homme et son sort après la mort.

Ainsi Michael Altmann construit une véritable légende autour de ce qu’il appelle un Marker divin. Ainsi pose-t-il les prémices de l’UNITOLOGIE, une religion qui rassemble de plus en plus d’adeptes, et finit par constituer une menace pour le gouvernement. Faute de parvenir à le discréditer, celui-ci choisit alors de le faire abattre pour trouble de l’opinion publique. Altmann mort, il devient un mythe, et sa religion s’en trouve renforcée… L’Unitologie prospère alors pendant 200 ans, avant de trouver un nouveau sens à son existence dans un coin reculé de l’espace.

II- Altmann was a tricky bastard… but he was right all along. Fuck him !

« Altmann be praised. Altmann be praised »
Le Sergent Abraham Neumann qui découvre une sombre réalité… celle de la mort

En 2.500, une nouvelle découverte génère l’effroi parmi les colons de la planète AEGIS VII. En effet, au cours d’un forage, ses mineurs ont mis à jour un imposant artefact rocheux, caractérisé par une forme évoquant la double hélice ADN. Des questions se posent…

Etrange découverte sur Aegis VII

Rapidement, les habitants commencent à devenir les proies de mystérieuses visions, à entendre des voix, tant et si bien qu’ils n’arrivent plus à dormir. Si dans un premier temps le Docteur Tom Sciarello diagnostique de simples dépressions, ou expressions latentes de delirum tremens, et ce afin de calmer la population, il ne tarde pas à comprendre son erreur quand un colon enragé en vient à le prendre en otage à l’aide d’un cutter. L’homme succombant à la folie est neutralité, mais l’atmosphère s’assombrit sur la colonie. En effet, pendant ce temps, les mineurs unitologistes se rassemblent dans un square et clament haut et fort qu’un nouveau Marker est apparu, 200 ans après la découverte du premier par Michael Altmann, et que celui-ci avait raison depuis le début. Les voici donc qui reçoivent enfin un signe de Dieu…

« For two hundred years, Unitology was sought the Truth. When Michael Altmann spread his word, few people believed him. The Government tried to discredit him. When that didn’t work, they killed him and said it was an accident. We all know this. But we also know he was telling the Truth. For two centuries, we and our forefathers kept the faith, and our belief in his words. Now, finally, we have PROOF! Proof that the Church was right all along ! That we have been right all along! You’ve all seen the vidlogs by now. You all know what they found out there. Here, on this very planet, we’ve found another Marker! »
Abbott, un prêtre unitologue qui comprend le sens de ses croyances

Prêcher pour l'avenir, prêcher pour la Vérité

D’autres colons tombent sous le feu des gardes de l’artefact : en effet, ils tentent de forcer le barrage qui a été érigé autour, comme s’ils obéissaient sans sourciller à ces voix qui les hantent. N’ayant d’autre alternative, les autorités leur offrent un feu nourri… Un nouveau massacre commence.

Alors que son navire est un orbite planétaire, Benjamin Matthius, capitaine du croiseur de classe Planet Cracker de la CEC USG Ishimura, s’entretient avec Hanford Carthusia, le gouverneur de la colonie, qui est aussi un membre éminent de l’Eglise unitologiste. Il lui demande de préserver le secret qui entoure cette découverte et exige que l’artefact soit transporté à bord du vaisseau afin de l’étudier. Ce faisant, il avoue à Carthusia qu’il s’agit sûrement d’un autre Marker.

Mais de son côté, l’artefact commence à se transformer de manière étrange et à renforcer son pouvoir sur les colons…
Les marques apparaissent...
III- When a Deadman walks…

« Aegis VII colony security log, local day 925. This is Sergeant Abraham Neumann, planetside security office, badge number 60284-MA. We are fucked. »

Pendant ce temps, la folie prend une nouvelle ampleur : les mineurs unitologues rassemblés au square sombrent en entendant des voix leur ordonnant de mettre fin à leur jours. Débute alors une vague de suicides au nom de Dieu.

Quand vient le chaos...

Aussitôt, le capitaine Matthius demande à ce que les cadavres soient cryogénisés et transférés à bord de l’ISHIMURA, arguant que ses hommes ont besoin de les étudier. Il place alors la colonie sous quarantaine, percevant l’influence néfaste du Marker.

Cependant, le gouverneur refuse de se soumettre : membre influent de l’Unitologie, il connaît les pouvoirs de l’artefact. Aussi choisit-il de garder les morts à la morgue où ils seront placés au contact de l’ADN extraterrestre de la roche divine… Rapidement, les corps s’agitent, mutent, et s’agglomèrent pour former des masses monstrueuses de chair humaine, les NECROMORPHES. Résultat du contact des êtres humains par l’entité extraterrestre appelée le CONTAMINEUR, ces créatures possèdent une forme vaguement humanoïde, auxquels le parasite a ajouté de nouveaux organes et membres. Ce sont ces monstres qui déferlent alors sur la colonie, semant la mort afin de gonfler leurs rangs. La vague de mort s’étend.

Les Nécromophes commencent à se répandre tel le fléau de Dieu

Les survivants tentent de s’organiser. Le sergent P-Sec Abraham Neumann et Marta tentent de fuir la colonie, mais quand ils arrivent à la zone d’évacutation, une nacelle de sauvetage s’écrase, tuant les autres survivants. Abraham et Marta entreprennent alors de rejoindre le poste de communication afin de prévenir l’Ishimura de la menace, mais Marta se fait tuer par un Nécromorphe. Désespéré, il s’isole dans un local technique, et enregistre un dernier vidlog afin de laisser un témoignage. Résigné à accepter son sort pour affronter les Nécromoprhes, il meurt...

A VOIR
Anime
PATTON Chuck,
Dead Space: Downfall, Film & Roman, 2008
Comic-book
JOHNSTON Anthony & TEMPLESMITH,
Dead Space # 1, IDW, 2008
JOHNSTON Anthony & TEMPLESMITH,
Dead Space # 2, IDW, 2008
JOHNSTON Anthony & TEMPLESMITH,
Dead Space # 3, IDW, 2008
JOHNSTON Anthony & TEMPLESMITH,
Dead Space # 4, IDW, 2008
JOHNSTON Anthony & TEMPLESMITH,
Dead Space # 5, IDW, 2008
JOHNSTON Anthony & TEMPLESMITH,
Dead Space # 6, IDW, 2008
Jeu vidéo
Le Site officiel de Dead Space
Dead Space, Electronic Arts, 2008

Prochainement : [MULTIVERSE] - Dead Space, part II : Downfall
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mercredi 25 février 2009

[MYTHOS] - La Bête féroce du Soissonnais, part I : la nature de la Bête


[MYTHOS] - La Bête féroce du Soissonnais, part I : la nature de la Bête

Sur l’air de Judith
Au village d’Acy

Approchez vous pour écouter
Le récit des cruels ravages
Qui sont depuis peu arrivés
Près de Soissons c'est grand dommage
Ou n'a point vu depuis longtemps
De si fâcheux événements
Une femme pour le certain
Etant sur le bord du rivage
La bête l’a pris tout soudain
Et lui déchira son corsage
Tout aussitôt l’a étranglée
Les mamelles lui a mangé
Ce monstre rempli de fureur
Lui a dévoré les entrailles
Les cuisses lui mangea sur l’heure
Son fruit même quel coup fatal
Car enceinte elle étoit vraiment
De six à sept mois en ce tems

Complainte au sujet de la Bête féroce du Soissonnais, publié dans FLEURY Henri & PARIS Louis (dir.),
La Chronique de Champagne IIe année
, tome III, Techener, Reims, 1838


La BÊTE DU GEVAUDAN est une créature anthropophage à l’origine de nombreuses attaques contre l’homme entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767 dans le nord de l’ancienne province du GEVAUDAN. Elle fit entre 88 et 124 morts, et s’imposa rapidement comme une affaire d’Etat. Cependant, il faut voir que cette affaire n’est pas un cas isolé : en effet, à l’époque, et ce, depuis 1755, plusieurs personnes ont été blessées ou tuées dans des circonstances similaires, dans la région de SOISSONS.

I- L’Histoire oubliée ?

« […] le temps passait et la Bête ne jeûnait pas : le 4 mars, elle dévorait, à Ally, une femme de quarante ans ; le 8, au village de Fayet, elle mangeait une fille de vingt ans ; le 11, dans un hangar, à Mallevieillette, elle déchirait en lambeaux une fillette de cinq ans ; méfaits semblables le 12, le 13, le 14, et en des endroits si distants qu’on ne pouvait s’expliquer la rapidité de ses courses. Ce perpétuel vagabondage inspirait par toute la France tant de terreur que, certains accidents similaires s’étant produits aux environs de Soissons, on publia partout que la Bête du Gévaudan ravageait à la fois l’Auvergne et la Picardie ! »
LENÔTRE George, Histoires étranges qui sont arrivées, MAME, 1933

En 1933, alors qu’il consacre une partie de ses Histoires étranges qui sont arrivées à la Bête du Gévaudan, l’historien George LENÔTRE a évoqué brièvement les massacres perpétrés par une créature similaire dans le Soissonnais à la même époque. Il faut bien noter que dans son récit, toute l’action est concentrée sur l’ancienne province du Gévaudan, alors que les sources attestent bien du fait que les exactions de cet animal anthropophage dans la région de Soissons furent au moins aussi, si ce n’est plus importantes, et qu’elles agitaient les environs depuis déjà plus d’une décennie.

Gravure de 1765 figurant la Bête du Gévaudan, par A.F. d'Alençon

Cependant, ceci n’est en rien la faute de l’historien, car cette distinction entre le Gévaudan et le Soissonnais existait déjà lors des faits : ainsi, l’histoire de la Bête du Gévaudan semble monopoliser toute l’attention, alors que la bête du Soissonnais se veut aussi meurtrière. A l’époque, le Roi Louis XV et ses conseillers semblent particulièrement captivés par l’histoire qui secoue l’évêché de Mende, y dépêchant non seulement le capitaine Duhamel et ses dragons, mais aussi de grands louvetiers du royaume comme Jean Charles Marc Antoine Vaumesle d’Enneval et François Antoine, le fils de ce dernier, Antoine de Beauterne, allant même jusqu’à présenter la supposée Bête empaillée à Versailles. On peut légitimement s’interroger sur l’intérêt de la Cour pour ce qui se passait dans le Gévaudan alors qu’ils ne prêtaient guère attention à ce qui agitait le Soissonnais, pourtant plus proche de Versailles. Sans doute faut-il rattacher cela à l’influence des familles nobles de la région, mais ce n'est qu'une hypothèse… Quoi qu’il en soit, l'absence de réaction de la part des autorités pour entériner cette affaire à Soissons est une chose qui est remarquée par les historiens. Aussi, en 1838, le deuxième tome de La Chronique de Champagne d’Henri FLEURY et de Louis PARIS souligne la différence qui existe alors entre la « médiatisation » de l’affaire des loups du Gévaudan et celle qui secoua alors le Soissonnais.

« Les grands journaux de Paris et notamment le Constitutionnel ont publié dernièrement le récit effrayant des ravages et attentats inouïs qu’un loup vraisemblablement enragé aurait commis dans les départements méridionaux : l’appareil formidable déployé en cette circonstance par les autorités locales, les levées en masse de la garde nationale et des troupes de ligne qui se trouvaient en garnison dans les divers théâtres des atrocités de ce loup n’ont pourtant rien de plus extraordinaire que ce qui s’est passé dans nos pays en l’année 1755 à l’encontre d un autre loup qui pourrait bien avoir été l’un des ancêtres de celui dont s’est occupé la presse parisienne à en juger par les habitudes sanguinaires communes à ces deux animaux. »
FLEURY Henri & PARIS Louis (dir.), La Chronique de Champagne IIe année, tome III, Techener, Reims, 1838

II- De la pluralité à l’unicité, des loups à la Bête

« Duhamel s’obstinait à ne point quitter la place... Et la Bête mangeait le monde ! »
MARTIN Henri & JACOB Paul L. (dir.), Histoire de Soissons, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours d'après les sources originales, Soissons, 1837

On le voit, la Bête du Soissonnais était connue des autorités, mais le capitaine Duhamel et ses dragons étaient trop occupés à traquer la Bête dans le Gévaudan, refusant alors de prêter attention à ce qui se passait dans d’autres régions.

De fait, on ne peut s’empêcher de comparer ce qui se passait dans l’évêché de Mende et ce qui secouait la région soissonnaise. Comme dans le Gévaudan, les ravages de quelques loups sur plusieurs années furent confondus sous un nom populaire. Ici, ils se cristallisèrent sous l’appellation BÊTE FEROCE DU SOISSONNAIS.

« […] les ravages de quelques loups […] à plusieurs années d'intervalle […] furent tous confondus sous le nom populaire de bête féroce du Soissonnais. »
MARTIN Henri & JACOB Paul L. (dir.), Histoire de Soissons, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours d'après les sources originales, Soissons, 1837

Naturellement, la dénomination de BÊTE est une référence à l’Apocalypse de Saint-Jean, mais la réalité qu'elle recouvre évoque finalement de simples canidés. Henri LUGUET, président de la Société Historique de Soissons de 1946 à 1962, a défini le loup du Soissonnais dans un article non daté sur La chasse au loup : il affirme que ce loup dépend du groupe vulgaire CANIS LUPUS, qu'il ressemble à un grand chien, maigre de corps, qui possède les caractéristiques suivantes : sa taille est élevée, ses flancs sont rentrés, et ses pattes sont minces. Ce loup, dont la présence est clairement attestée dans la région depuis l’époque mérovingienne, vit en solitaire, mais a tendance à s’attaquer à l’homme.

III- Dies Irae : A Dieu seul, honneur et gloire

S'il s'agit simplement de loups, il faut toutefois remarquer que pour les contemporains, il ne s'agit de rien d'autre que d'une créature inconnue, amatrice de chair humaine, et certainement venue pour témoigner à l'Homme de la colère de Dieu.

Ainsi, alors que l’histoire de la Bête du Gévaudan devenait une affaire d’Etat, la Gazette de France du 23 novembre 1764 publiait une lettre de la ville de Marvejols qui faisait une description de la Bête :

« Le redoutable animal, est plus haut qu’un loup et bas du devant. Ses pattes sont armées de griffes, il a le poil rougeâtre, la tête fort grosse, longue et finissant en museau de lévrier, les oreilles petites et droites un peu comme des cornes. Le poitrail large, le dos rayé de noir, une gueule énorme flanquée de dents si tranchantes qu’elles ont séparé plusieurs têtes du corps tout comme le ferait un rasoir. Il est d’une agilité surprenante dans l’intervalle d’un temps fort court on le voit à 2 ou 3 lieues de distance. Il se rapproche de sa proie ventre à terre, à une ou deux toises de distance il s’élance sur ses victimes, il craint les bœufs qui le mettent en fuite ».
Lettre de la ville de Marvejols publiée dans la Gazette de France datée du 23 novembre 1764

Gravure sur cuivre de 1765 intitulée « Figure du Monstre qui désole le Gévaudan »

Naturellement, cette description s’attache plus à diaboliser la créature et à marquer les esprits qu’à retranscrire véritablement la réalité. Il faut voir que la Bête apparaît rapidement dans les mentalités comme une punition envoyée par Dieu pour punir les hommes aux mœurs dissolues. Il est évident que très tôt, l’idée de justice divine développée par Saint-Augustin s'est diffusée dans les milieux ecclésiastiques pour tenter d'expliquer l’apparition de la Bête. C’est d’ailleurs l’objet du mandement de l’évêque de Mende, monseigneur Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, comte de Gévaudan. Daté du 31 décembre 1764, cet appel qualifie la Bête du Gévaudan de fléau dépêché par Dieu afin de punir les hommes de leurs péchés, et que seule la pénitence des fidèles saurait calmer:

« ce fléau extraordinaire, ce fléau qui nous est particulier et qui porte avec lui un caractère si frappant et si visible de la colère de Dieu »
Extrait du "Mandement de l'évêque de Mende" daté du 31 décembre 1764

Pour lui, la Bête n'est pas un loup, ni quelconque animal connu, mais une Bête unique envoyée par Dieu pour punir le peuple de ses péchés, une théorie qui sera reprise par l’abbé Pierre POURCHER, considéré comme le premier historien de la Bête, dans son ouvrage La Bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu, sorti en 1889.

Dans le Soissonnais, cette idée recueille également de nombreux suffrages. Il suffit pour s'en convaincre de lire cet opuscule rédigé par l’abbé Nicolas Bergeat en 1755 :

« Considérons, Messieurs, tous ces malheurs fâcheux que nous voyons tous les jours arriver devant nos yeux de toutes espèces, tant par mer que par terre, tantôt par des bêtes féroces qui dévorent tant de peuples tantôt par les incendies du tonnerre, tantôt par les tremblemens de terre, tantôt par le feu naturel, tantôt par les assassins et meurtres qui se font par quantité de brigands et de voleurs de grands chemins, d’aprésent si tellement corrompu, ne proviennent que de l'oubli de Dieu et de notre impiété. Dieu détruit les uns pour servir d’exemple aux autres, afin de nous attirer à lui comme de pauvres brebis égarées à la pénitence. Preuve bien évidente puisque ces animaux carnassiers ne peuvent se détruire par la force des armes. Implorons le secours de Dieu Tout Puissant avec l’assistance de la sainte Vierge, Notre Dame miraculeuse du Bon Secours, et du grand saint Hubert, favori de Dieu, et par ce moyen nous apaiserons la colère de ce grand juge irrité, qui est d’appesantir sa main sur nous, si nous ne changeons de vie et faisons pénitence et pour attirer sa sainte bénédiction. Vous réciterez cette belle prière et oraison ci bas à haute voix, le matin en vous levant, auparavant que de sortir de votre maison, et d'entreprendre aucun ouvrage, pour attirer de Dieu sa sainte bénédiction.

SOLI DEO HONOR ET GLORIA

Par la puissance de Dieu le Père, par la sagesse de Dieu le Fils, par la vertu du Saint Esprit par l’intercession de la sainte Vierge Mère de Dieu, par l’autorité du grand saint Hubert favori de Dieu, par l'intercession de saint Antoine de Padoue et par les pardons et mérites de saint François et des bienheureux Didace et Salvateur Dieu nous délivre tous de tous fâcheux malheurs de la fièvre maligne de la peste de la famine du tonnerre des mauvaises bêtes des gens mal intentionnés et sortilège des embûches du diable et de la mort subite. Ainsi soit il.
Permis d’imprimer et distribuer à Reims ce 26 septembre 1755
BERGEAT »


Publié dans H. FLEURY & PARIS Louis (dir.), La Chronique de Champagne IIe année, tome III, Techener, Reims, 1838

En conclusion, il faut voir dans cette affaire que des loups ont perpétré des massacres pendant une dizaine d'années dans la région du Soissonnais, mais que le folklore local en a fait une Bête, unique, associée étroitement à l'idée de courroux divin, et profondément marquée par la religion. Le loup est l'objet de nombreuses légendes, et y apparaît toujours comme meurtrier: l'histoire du Petit Chaperon Rouge de Charles PERRAULT, composée en 1697, est là pour en témoigner. Quant à cette affaire, l'imaginaire a joué un rôle important dans l'association de faits et leur transposition en mythe, même si l'histoire fut occultée dans l'Histoire par le prestige de la Bête du Gévaudan. Néanmoins, les sources sont là, et les traces laissées par la BÊTE FEROCE DU SOISSONNAIS s'y terrent encore...

A VOIR
FLEURY H. & PARIS Louis (dir.), La Chronique de Champagne IIe année, tome III, Reims, 1838
LENÔTRE George, Histoires étranges qui sont arrivées, MAME, 1933
LUGUET Henry, La chasse aux loups dans le soissonnais, dans Mémoires de la Fédération des Sociétés Savantes du Département de l'Aisne, tome II, 1955
MARTIN Henri & JACOB Paul L. (dir.), Histoire de Soissons, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours d'après les sources originales, Soissons, 1837
MAZEL Eric & GARCIN Pierre-Yves, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, Gaussen, 2008
POURCHER Pierre, La Bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu, 1889


Prochainement : [MYTHOS] - La Bête féroce du Soissonnais, part II : Tueries
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lundi 16 février 2009

[ARS MAGNA] - TORIYAMA Akira, Go! Go! Ackman, Shueisha, 1993-1994


[ARS MAGNA] - TORIYAMA Akira, Go ! Go! Ackman, Shueisha, 1993-1994

Alors qu’il est en train de terminer son œuvre phare DRAGON BALL avec la saga Boo, Akira TORIYAMA signe avec GO! GO! ACKMAN une œuvre bien plus sombre tout en préservant néanmoins l'humour qui lui est cher. C’est ainsi que de juillet 1993 à octobre 1994, il produit pour le V-Jump de la Shueisha onze chapitres contant les aventures jeune diable revenu sur la Terre de l'univers The WORLD. Son nom: ACKMAN, tout simplement.
« Plus les humains sont bons, plus leur âme est chère. »

L’histoire prend place quand le jeune démon se réveille à l’occasion de son 200e anniversaire, terminant là une nuit qui a durée cinquante années terrestres. Son objectif est alors d’assassiner un maximum d’individus afin de recueillir des âmes qu’il pourrait convertir en argent en se rendant auprès de SATAN. Il faut dire qu’il doit se montrer digne de son père, qui lui a appris toutes ses techniques de meurtres, et qui est connu pour avoir ramené pendant la Seconde Guerre Mondiale un total de 70.000 âmes. Toutefois, pour sa mère, ceci importe moins que les séries télé qu’elle suit assidûment. Quant à sa sœur, elle va l’aider à s’habituer aux nouvelles modes, notamment en remplaçant la tenue de son frère, évoquant alors a tenue classique et ô combien démodée de Dracula armé d’un trident… Il portera dorénavant des vêtements fashion et se battra à l’aide d’une épée et d’armes à feu. Il faut dire qu’Ackman est perdu dans ce monde moderne, même s’il finit néanmoins par profiter des nouvelles technologies, comme quand il reste chez lui à jouer à la Super Nintendo, ou qu’il se promène en voiture.

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Ackman, déterminé à mener sa mission à bien

Mais il passe le plus clair de son temps à errer pour assouvir sa soif de mort. Il reste ainsi avec son acolyte GOLDON, un petit démon ailé qui a le pouvoir de recueillir les âmes dans un flocon, dans l’attente de pouvoir les convertir. C’est aussi Goldon qui va l’aider à comprendre ce monde qui a changé durant son long sommeil, et surtout qui va l’encourager dans sa quête et l’assister dans les moments difficiles… notamment quand Ackman se retrouve face à une personne de sexe féminin. Le jeune diable souffre en effet d’une peur incroyable des filles, et finit par en perdre tous ses moyens.

Ackman et Tenshi, le diablotin et l'angelot

Cependant, cette aventure n’est pas sans repos. En effet, Ackman est confronté à l’ange TENSHI, qui s’oppose farouchement à l’exécution de ce plan démoniaque. Agissant pour la paix universelle, cet ange va en effet employer tout ce qui est en son pouvoir pour essayer d’anéantir le diable. Mais cet ange commet nombre de maladresses qui le desservent, notamment quand il provoque la mort de nombreuses personnes, faisant ainsi indirectement la fortune de son adversaire. Pour cette raison, il finira même recherché par les autorités et sera emprisonné… avant de quitter sa geôle et de s’entourer des tueurs les plus impitoyables pour l’aider à parvenir à ses fins. Aussi réussit-il à convaincre Michel Yamada, l’assassin le plus rapide du monde, tireur hors pair et expert en arts martiaux… Ses honoraires étant particulièrement élevés en raison de son efficacité, Tenshi n’a les moyens de l’employer que pendant cinq minutes… au cours desquelles Ackman ne se présente pas à temps (un rendez-vous lui ayant été lancé par l’ange), et à l’issue desquelles Yamada finit donc par se retirer. Tenshi emploie alors Jeff Patate, un champion d’arts martiaux capable de détruite d’énormes rochers à mains nues… mais qui sera défait par Ackman qui utilisera ses pistolets. Finalement, Tenshi entreprend d’utiliser son arme ultime en exploitant la plus grande frayeur de son ennemi… Ainsi fit-il appel à Mademoiselle Joséphine, torride strip-teaseuse au Dirty Dick… pour échouer une nouvelle fois. Après avoir essayé de vaincre Ackman en vain, il choisit de battre en retraite.

Illustrations pour les jeux vidéo issus de la franchise pour la Super Famicom

C’est alors que la Terre se retrouve menacée par des extraterrestres impitoyables… Ils auraient pu constituer un fléau mondial qui aurait pu lui apporter une importante source d’âmes, mais Ackman a choisi d’éliminer les deux visiteurs, ce qui lui vaudra les moqueries de Maya, une consœur diablesse poursuivant la même quête.

Vient alors (et déjà) donc temps pour les diables de se présenter devant Satan, le maître absolu de la confrérie diabolique. Ackman, avec sa faible collecte, redoute cette visite, surtout que Maya est nettement plus douée que lui. Elle ramène ainsi 25.306 âmes à elle-seule, permettant au maître de se préparer la mixture destinée à lui rendre sa vigueur d’antan (en effet, la paix dans le monde n’aide pas à lui apporter le nombre d’âmes nécessaire). Constatant alors la richesse de la jeune diablesse, Ackman se mettra alors en tête de la prendre pour épouse, et finira par se marier après avoir écarté l’autre prétendant. Il ne reste pour le diable, dorénavant riche, qu’à profiter de la longue vie qu’il lui reste aux côtés de son épouse.

Ackman et son fidèle Goldon

Avec cette œuvre, Akira TORIYAMA revient donc à ses premières amours, celui des monstres et créatures étranges, pour un résultat atypique et totalement imprévisible, ce qui est accentué par la brièveté des différents chapitres, qui n’excèdent jamais cinq pages. Go ! Go ! Ackman lui permet de jouer avec la mort et de tourner celle-ci en dérision, conférant à ce manga un esprit particulier déjà esquissé dans Dragon Ball avec le tournoi de Mamie Voyante, et montrant qu’il peut traiter audacieusement ces thèmes avec un nouveau regard.

A VOIR
Jeux vidéo
Go! Go! Ackman, Banpresto, 1994
Go! Go! Ackman 2, Banpresto, 1995
Go! Go! Ackman 3, Banpresto, 1995
Manga
TORIYAMA Akira, Go! Go! Ackman, dans Histoires Courtes # 3, Glénat, 1999

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mardi 10 février 2009

[DELIRIUM bIS] - Entretien avec MAX

[DELIRIUM bIS] - Entretien avec MAX

Jeune auteur amateur de 25 ans, MAX a déjà dix ans d'expériences derrière lui. Il a commencé par la fan-fiction, générant une série de romans en co-écriture, ce qui lui a permis d'apprendre sur le tas. Puis, depuis quelques années, il tente de mener à bien ses projets en solo (Bokor), collaborant encore de temps à autres (Au Carrefour d'Outretombe). Il s'est aussi exercé à l'art de la nouvelle, notamment avec 13 bis, qui montre, après la fantasy et la science-fiction, une autre facette de son talent.

Commençons par 13 Bis si tu veux bien. Le ton y est résolument sombre, véhiculant des thèmes tels le sexe, la folie et la mort. Tu évoques aussi le cas des femmes battues à travers le tandem Julie/Eléonore. Comment t'es venue l'inspiration pour cette nouvelle ?

J’ai voulu faire de cette nouvelle une synthèse de thèmes qui me sont chers. A l’époque, je préparais le concours de la Fémis et j’enchaînais les soirées de visionnages de films avec les weekends d’analyse de séquences – un exercice qui constitue la première partie du concours de la Fémis.

J’ai fait mes premières armes sur des œuvres de cinéastes que je connaissais et que j’appréciais, dont LYNCH [ndlr: David] et FINCHER [ndlr: David] . Ces influences se sont mélangées avec l’adapatation du jeu vidéo Silent Hill de Christophe GANS - un ancien de la Fémis. Je me suis renseigné sur l’univers de Silent Hill avant de voir le film, et même si j’ai à peine joué au jeu, j’ai été conquis par cette ambiance sombre et malsaine, ces personnages torturés perdus dans cet univers cauchemardesque créé par leurs esprits.

A la même période, j’ai découvert le film Next Door de Pål SLETAUNE. Ce long métrage m’a littéralement scotché devant mon écran de télé, et je me suis mis à jalouser cette œuvre tellement elle regroupait ce que j’aimais chez LYNCH, FINCHER ou dans Silent Hill, tout en gardant une personnalité propre, voire même en apportant une certaine fraîcheur.

J’ai voulu faire une nouvelle à la hauteur de ce film. En fait, 13 Bis est une adaptation très personnelle de Next Door à laquelle j'ai mélangé des univers qui me plaisaient.

Dans 13 bis, tu sembles expérimenter plusieurs choses. En outre, la narration n'est pas fixée : tu passes d'une narration classique, au passé, avec un narrateur externe, à une narration au présent où tu choisis une focalisation interne. Pourquoi avoir adopté différents types de narration ? Quel est l'effet recherché ?

Mon co-auteur sur le Cycle du Yaren (la fan-fiction qui m'a fait connaître sur la toile et quelques forums de littérature SF/Fantasy) avait lui même expérimenté certains passages à la première personne sur l'un de ses écrits, fortement influencé par le style de Matthew STOWER (ndlr: entre autres l'auteur de la saga The Acts of Cain et de plusieurs romans de l'Univers Etendu Star Wars), - un auteur que nous admirons tous deux.

Dans l’un de ces passages, on prend la place d'un personnage qui subit un viol. J'ai voulu faire l'inverse : plutôt que de vivre à la place de la victime, on prend la place du bourreau. Le but était simple : obliger le lecteur à commettre ces actes et augmenter ainsi l'atmosphère malsaine.

C’est pour cette raison que j’utilise le présent : un temps difficile à manier dans le récit, mais qui immerge définitivement le lecteur dans l’histoire.

On découvre dans 13 bis un couple haut en couleurs : Thomas, et Julie/Eléonore. Tous deux aiment l'alcool, le sexe, et expriment leur violence sans se soucier de l'autre. Pourrais-tu nous dire pourquoi avoir choisi de faire de vos protagonistes des personnages si sombres ?

Au fond, on peut dire que tous ces personnages sont issus du côté sombre de Thomas.

La culpabilité qu'il ressent à créé Eléonore, cette version détraquée de Julie, qui dans un certain sens, va venger cette dernière. On peut aussi voir Eleonore comme le fantôme de Julie, issu de la conscience de Thomas.

Contrairement à Julie, Eleonore correspond aux fantasmes de Thomas. Cela rappelle le duo Mary-Maria dans le jeu Silent Hill 2. D'un côté, Mary, la femme "gentille" de James, atteinte d'une maladie incurable qui la rendra aigrie et quelque peu frigide, puis Maria, le sosie érotique de Mary, qui semble plus à même de combler les pulsions sexuelles de James.

Oublions 13 bis, et attardons-nous un peu sur ton parcours. Tu as débuté par la fan-fiction, un type de création qui te permet de t'amuser avec les jouets d'un autre. Comment en es-tu arrivé à vouloir écrire, puis ensuite à vouloir créer ton propre univers et tes propres jouets ?

J’ai plongé dans la science-fiction assez jeune : de Jules VERNES à Robert SILVERBERG pour les romans, de Retour vers le futur à Robocop, Total Recall, Running Man ou Blade Runner pour les films. Rien d'anormal pour quelqu'un nés au début des années 80.

J'ai assez vite eu envie de créer : je ne jouais pas de musique, je dessinais mal, alors j'ai écrit. Je trouvais ça simple de raconter une histoire. J'étais loin d'avoir un don, mais l'exercice n'était pas déplaisant et j'arrivais à satisfaire le seul lecteur de cette époque : moi-même...

C'est entre 12 et 15 ans que l'envie d'écrire s'est réellement fait sentir. Mais je prenais trop de temps à créer mes univers, ou mes récits s'inspiraient trop d'idées venues d'autres romans, films ou séries. Un passage dans l'attraction Star Tours de Disneyland et un été sur le jeu Dark Forces de LucasArts m'ont orienté vers STAR WARS.

J'ai lu les romans comme j'aurais lu n'importe quel cycle de science-fantasy, et je me suis attaché aux personnages. J'ai voulu créer la face cachée de cet univers, décrire un groupe de rebelles qui n'agirait pas à trop grande ampleur : le Cycle du Yaren était né. C'est ma rencontre avec mon co-auteur qui a fait de cette idée en cours de concrétisation un projet conséquent et dont je reste assez fier.

L'écriture de nouvelles est-elle une expérience différente pour quelqu'un qui s'est consacré jusque-là au roman ? Est-ce une transition qui s'est faite naturellement ? Quelles sont les difficultés que tu as pu éprouver, et que tu éprouves peut-être toujours ?

De la part de mon entourage – et je tends à penser comme eux – je fais un très mauvais novelliste, et ce pour la simple raison que j’ai du mal à ne me consacrer à une seule intrigue. La nouvelle est vraiment un exercice de style, et après un apprentissage de l’écriture scénaristique, on a plutôt tendance à privilégier le fond.

La transition a donc été assez difficile, et j’ai du m’adapter, désapprendre tout ce que j’avais appris, avant de réaliser que la nouvelle était au roman ce que le court-métrage est au cinéma : un terrain d’essai où tous les délires sont possibles - tant qu’on respecte les codes.

La principale difficulté que j’ai pu rencontrer reste encore très présente : je dois développer une intrigue unique et laisser les autres idées de côté, même si elles apportent quelque chose d’intéressant à l’histoire. Au fond, l’exercice est assez proche de la phase de réécriture d’un scénario, où il faut diminuer le nombre de personnages, conclure toutes les intrigues et faire attention au rythme.

On l'a vu, le cinéma a profondément marqué tes écrits. Que trouves-tu de plus dans ce média que dans la littérature ? Quels sont les autres média qui t'influencent ?

Le cinéma, ou plus généralement le monde de l'audiovisuel, m'a marqué par le biais de films, séries ou courts-métrages car j'ai baigné dedans très jeune. Comme tous ceux de ma génération, je suis un enfant de la télé. Mais attention, si je revendique cet apprentissage du scénario par lequel je suis passé, il ne faut pas oublier que mes essais d'écritures, dès mon enfance, visaient tous à devenir des romans.

J'adore la liberté de ce roman. Contrairement au scénario, c'est un "produit fini", et tout reste possible. Le scénario n'est pas un film, et le lire apporte un plaisir incomplet... tout comme aller au théâtre et lire une pièce sont deux expériences complètement différentes. Le scénar, c'est un outil qui doit séduire malgré une forme très codifiée.

Par contre, même si j'ai parlé plus haut du jeu vidéo, ce média m'inspire peu. L'univers de Silent Hill m'a touché et les histoires qui en ont été tirées m'ont influencé, mais pas le jeu en lui-même. Je n'ai écrit qu'une seule nouvelle qui constituait un pseudo-hommage aux jeux-vidéo.

J'aime me définir comme un raconteur d'histoire, et en ce sens tout média qui permet de "raconter" est susceptible de m'inspirer : une musique, un tableau, une bande dessinée, voire une pub... tout est bon à prendre.

Plus que des médias, ce sont plutôt des thèmes qui m'inspirent, dont certains me sont chers depuis mon enfance : la famille ou les amitiés fortes, quasi-fraternelles. Les ambiances sombres, les personnages torturés, ultra-cyniques ou débauchés ne sont venus qu'ensuite, avec l'âge [Rires].

N'as-tu jamais pensé à écrire des scénarii, voire à toi-même passer derrière la caméra ?

C'est en forgeant qu'on devient forgeron...

Mon premier scénario était un moyen-métrage, une sorte de campus-movie qui ne se déroulait que par les webcams des protagonistes. Vint ensuite Adrenaline, un long métrage politiquement chaud, sorte d'American History X à la sauce finchero-lynchienne - encore eux.

Gavé par les écrits de LOVECRAFT, j'ai pondu le synopsis détaillé de Bokor, un moyen métrage ambitieux que je vise à réaliser un jour... et dont l'intrigue principale constitue le premier tiers du roman sur lequel je travaille actuellement.

Le problème de l'écriture de scénario, c'est qu'un scénar finit dans un tiroir si personne ne veut le réaliser. Cela reste un exercice compliqué qui m'a permis de fortement structurer mes histoires, mais si d'un côté je revendique mon apprentissage de l'écriture scénaristique, on ne peut pas dire que je suis un scénariste.

Au niveau de la réalisation, je suis passé derrière la caméra de rares fois : dans Hair, un très-court-métrage, réalisé dès que j'ai eu mon caméscope. Vint ensuite le projet de moyen-métrage Astral Spheres, une comédie musicale débutée avec quelques potes de facs... une aventure qui a avorté suite à l'abandon de mon co-réalisateur de l'époque, mais qui m'a laissé de bons rushs, et deux petits clips tournés pour convaincre les acteurs que nos compétences de monteurs embelliraient leurs performances.

C'est d'ailleurs cette expérience qui m'a donné envie de réaliser un clip réellement scénarisé, en utilisant la musique "So Much For Suicide" du groupe TIAMAT. Suicide, scènes dans des caves, alcool... même si le ton est humoristique, l'ambiance est déjà sombre et préfigure bien ma période "13 Bis".

Suite à cette nouvelle, j'ai d'ailleurs commencé le tournage d'un court-métrage intitulé Helle, une sorte de 13 Bis avec une narration ultra décousue, un peu comme Inland Empire. Le projet est presque entièrement tourné et a commencé à être monté. L'ambiance est définitivement sombre et la narration complètement délirante... une histoire pour un public averti !

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[DELIRIUM] - MAX, 13 Bis


[DELIRIUM] - MAX, 13 bis

La section [DELIRIUM] accueille aujourd’hui un invité, MAX, qui nous livre l’une de ses créations, une nouvelle au titre mystérieux, 13 bis, qui s’impose comme une expérience narrative originale et dévoile le côté sombre de son auteur.

13 bis

La valise dégringola les escaliers et s’ouvrit sur le choc, déversant les vêtements qui y avaient été enfournés. Thomas s’avança et commença à plier soigneusement les affaires chiffonnées par leur empaquetage brutal. Un sac souple suivit la trajectoire du bagage, aussitôt suivi de Julie, dont le visage si doux s’était teinté d’une froide colère.
- Reste, s’il te plaît, la supplia Tom en lui tendant une pile de linge.
- Hors de question, répliqua la jeune femme en fourrant la pile dans sa valise.
Avec hâte, elle ramassa t-shirts, pulls et petites culottes, en oublia la moitié sur le sol, referma la valise, prit ses bagages et sortit en claquant la porte.

Ce soir-là, Thomas ne rentra pas sa voiture dans le garage mais se parqua juste devant. Sa journée de travail avait été épuisante et il n’avait qu’une envie : rentrer chez lui et s’affaler dans le canapé.
Il habitait une maison dans un quartier résidentiel - le n° 13 qu’il partageait hier encore avec Julie, sa compagne. Le 13 et le 13 bis étaient mitoyens et avaient donc un mur commun. Malgré cela, Tom n’avait jamais croisé ses voisins mais ce soir-là, il vit une jeune femme brune placer sa voiture pour entrer dans le garage du 13 bis.
L’inconnue coupa le moteur, jeta un œil à Thomas et sortit du véhicule.
- Bonsoir, dit-elle en s’avançant. Je suis Eléonore, votre voisine.
- Bonsoir, répondit Tom, peu loquace.
Il plongea dans les yeux bleus argentés de la demoiselle, se perdant dans ce regard pénétrant qui semblait lire ses moindres pensées.
- Je pourrais vous demander un petit service ? renchérit Eléonore.
Je veux juste mon canapé, pensa Tom.
- Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? fit-il.
- Je n’arrive plus à ouvrir ma porte de garage, expliqua son interlocutrice. Je ne sais pas pourquoi, je dois manquer de force…
- Sans doute, soupira Tom, ne cachant pas qu’il voulait en finir au plus vite.
Il saisit les clés que lui tendait sa voisine, se dirigea vers le garage, déverrouilla la porte et tira violemment dessus. Dans un grincement assourdissant, elle se souleva pour révéler un ignoble capharnaüm ainsi qu’une voiture rouillée. A cette heure, la lumière était faible mais Thomas reconnut les formes de l’automobile : une Clio.
- Je crois que vous allez devoir débarrasser ce bordel avant de pouvoir rentrer, grommela-t-il en désignant l’amoncellement d’objets.
- Oh ! s’étonna Eléonore. Ca m’était complètement sorti de l’esprit.
Elle tira sur la porte de garage et la referma sans aucune difficulté.
- Je vous offre un verre, pour vous remercier !
Elle saisit Tom par le bras et l’attira sur le perron.
- Mais… protesta-t-il.
- Allons, Thomas, tu n’as rien à faire ce soir, tu es tout seul, le coupa-t-elle.
- Je vous demande pardon ?
- Nous n’avons qu’un mince mur entre nos deux demeures, rappela-t-elle. Tout s’entend… Alors, tu rentres chez toi te morfondre du départ de Julie ou tu me suis ?
Le ton employé était calme et posé ; en tout cas il n’était sûrement pas aguicheur. Quelque chose chez cette fille intriguait Tom et sa remarque avait touché au but.
- Je te suis !

Les glaçons tintèrent en tombant dans les verres, le son à peine atténué par les quelques décilitres de whisky versés allègrement. Eléonore tendit le fort breuvage à son invité qui put observer une entaille assez longue sur sa main.
La jeune femme s’allongea lubriquement sur le canapé et encouragea son hôte à profiter du fauteuil en face. Elle but son verre d’un trait, le posa sur le sol et plongea sa main droite sous l’un des coussins qui décorait le sofa.
- Je te plais ? souffla-t-elle.
Sa phrase eut beau briser le silence, elle mit Tom encore plus mal à l’aise qu’il ne l’était déjà. Eléonore ressortit la main placée sous le coussin pour découvrir la paire de menottes qu’elle tenait.
- Tu veux jouer avec moi, Thomas ?
Aucune réponse ; il baissa les yeux.
Lascivement, la demoiselle alla s’asseoir sur Tom et l’embrassa sur la joue.
- Pauvre Thomas, tu es si seul, gémit-elle.
Le jeune homme sentit un contact froid et dur sous son œil. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu’Eléonore avait troqué ses menottes pour un scalpel.
- Tu ne devrais pas la regretter, poursuivit-elle en se frottant à lui. Votre relation était malsaine : vous n’arrêtiez pas de vous engueuler.

Son corps ondule sur vous, éveillant des sentiments contradictoires. Vous ne savez pas comment réagir, troublé par son attitude et ses propos. Puis, vous sentez un trait glacé parcourir votre joue et immédiatement le froid se transforme en flammes brûlantes. La lame a effleuré votre chair, créant un fin sillon d’où le sang commence à s’écouler.
Elle sourit, ravie de ce qu’elle a fait, et appose sa langue humide sur la plaie. La cicatrice sera visible quelques jours, mais vous n’êtes pas en danger. Vous lui arrachez l’instrument coupant des mains. Pas par crainte d’une deuxième coupure, pas pour vous défendre, mais pour montrer qui a le pouvoir.
Vos corps s’étalent sur le sol, elle se débat et tente de saisir la lame mais vous êtes plus rapide et alors que vous envoyez l’arme au loin, vous lui tailladez accidentellement le bras.
Le scalpel est hors de portée mais le mal est fait…
Telle une sauvageonne, elle s’agrippe à vous, griffe et frappe. Un coup vous atteint à la joue, l’autre fait saigner votre nez.
Vous n’êtes plus vous-même, contaminé par la folie qui vous agresse. Vos sangs se mêlent, les corps chauffés par l’effort mélangent leurs sueurs et dans cet ébat bestial, l’un comme l’autre, vous vous laissez guider par l’appel de la chair.
Ses mains retrouvent les menottes qui gisent à terre et elle s’attache au pied du fauteuil, offrant son corps à votre puissante personne.

Tom rentra chez lui à toute allure, ouvrit le minibar et versa quelques gouttes de whisky dans sa main avant de l’apposer sur sa joue. La brûlure qui en résultat le fit frissonner mais il se ressaisit, puis porta porter la bouteille à ses lèvres et but avidement.
Il monta en titubant dans la salle de bain et remplit la baignoire. Abasourdi, il s’immergea complètement, comme si l’eau avait pu le protéger du monde extérieur.

Le lendemain matin, lorsque Thomas entra dans son bureau, il eut droit à un regard interloqué de Marc, son collaborateur.
- Il t’est arrivé quoi ? l’interrogea-t-il.
- Rien, éluda Tom.
- Rien ? T’as une balafre de dix centimètres et un bleu sur la joue, je te signale. Tu t’es fait ça comment ?
- J’avais placé un couteau en hauteur, mentit Tom. Il m’est tombé dessus quand je faisais la cuisine.
- T’as eu de la chance, commenta Marc d’un ton révélant qu’il n’était pas dupe.
Il tendit un dossier à son collègue et posa une main sur son épaule.
- Ressaisis-toi, Tom, souffla-t-il. Je sais que la rupture avec Julie a été dure, mais tiens le coup !

En entrant chez lui, Thomas jeta un œil au 13 bis. Ne voyant pas de lumière, il en déduisit qu’Eléonore n’était pas là. Une fois dans son salon, il décrocha le téléphone et appela les renseignements.
- Bonjour, je souhaiterais avoir le numéro de téléphone du 13 bis rue Bismarck, code postal 92400, demanda-t-il.
Silence. La voix dans le combiné retentit.
- Comment ça : « Il n’y a pas d’abonnés.», s’étonna Tom. Le numéro est sur liste rouge ?
Une seconde affirmation, plus catégorique cette fois.
- Personne à ce numéro, j’ai compris. (Une pause.) Merci, bonne soirée à vous aussi.
A peine avait-il raccroché qu’Eléonore frappa à sa porte. Sur sa joue, on pouvait voir un bel hématome.
- Bonsoir, dit-elle quand il lui ouvrit.
- Bonsoir… je voulais te voir…
- On peut parler ? Chez moi ! se reprit la jeune femme.
- Bien sûr.
Il la suivit dans sa maison.
- Pourquoi m’as-tu frappé ? se plaignit-elle quand ils furent à l’intérieur.
- Je suis désolé, s’excusa Tom en lui caressant le visage. Tu m’as provoqué, je me suis emporté, je…
- Tu pouvais me maîtriser, contra-t-elle.
- C’est vrai, admit Thomas.

Alors que Julie jetait ses bagages à l’arrière de sa voiture - une Clio bleue -,Tom franchit la porte qu’elle lui avait claquée au nez.
- Reste !
Sa compagne lui jeta un regard noir.
- S’il te plaît… murmura-t-il.
- Et qu’est-ce que tu m’offres ? rugit-elle avant de fermer la porte du véhicule et de s’avancer vers lui. Tu as vu comment tu me traites ?
Même si Thomas - placé sur le perron - la dominait de plusieurs centimètres, en cet instant c’était Julie qui menait le jeu. Elle monta les deux marches qui la séparaient de son ex et déposa ces mots à son oreille :
- Comment réagirais-tu si tu n’étais qu’une pauvre fille innocente et si celui qui dit être l’homme de ta vie ne sait que t’humilier, qu’il te force à utiliser des menottes pour assouvir ses fantasmes pervers, qu’il aime te voir souffrir ?
- Je ne t’ai jamais fait de mal, protesta Tom.
- Pas encore, approuva Julie. Mais quelle est la seule fois en un mois où nous avons fais l’amour ?
Pas de réponse.
- Je vais te rafraîchir la mémoire, grinça-t-elle. Mercredi dernier : quand j’ai fait tombé le couteau sur mon bras. La vue du sang t’as excité, sale pervers !

Les pensées de Tom furent interrompues par la sonnerie du téléphone. Eléonore disparut répondre à l’arrière de la maison. Thomas l’entendit échanger quelques mots, puis plus rien.
Je croyais qu’elle n’avait pas le téléphone, se souvint-il.
Il attendit environ une minute puis quand le silence lui parut trop long, il se décida à suivre Eléonore. Toutefois, dès qu’il franchit la porte où elle avait disparut, il ressentit un profond malaise.
Il se trouvait dans un corridor au papier peint vert pâle orné de tâches brunes. Le couloir tournait au bout de quelques mètres à droite comme à gauche. Indécis, Tom finit part aller à droite.
Dès qu’il eut tourné, il entendit une respiration haletante derrière lui, suivie de quelques grincements de lattes de parquets des plus inquiétants. Il se retourna vivement mais ne vit rien de plus que les murs verts et leurs tâches glauques.
Le jeune homme poursuivit son chemin et obliqua à plusieurs reprises avant de faire face à une porte en bois, hélas fermée à clé. De plus, il avait l’étrange impression d’avoir parcouru plus de distance qu’il ne l’était possible dans une maison d’une telle surface.
Soudain, des bruits de pas hâtifs résonnèrent. Thomas prit peur et commença à tourner frénétiquement la poignée de la porte. Devant l’inutilité de son geste, il donna un coup et le bois céda légèrement sous l’impact.
- Tu es là ?
Le ton d’Eléonore était glacial et s’accordait parfaitement avec son teint si pâle. En cet instant, la lueur qui animait son regard bleu argent n’éveillait en Tom qu’un sentiment d’inquiétude.
Bloquant la seule issue possible, la jeune femme tenait à la main un long couteau de cuisine.
- Que comptes-tu faire avec ça ? demande Tom en désignant la lame.
- Tu n’as rien à craindre, le rassura Eléonore. Tu ne vas pas mourir, toi !
- Moi ? Pourquoi dis-tu ça ?
- Tu oublies si vite le mal que tu fais, Thomas, soupira Eléonore.
Alors elle le poussa si fort qu’il passa à travers la porte.
Il se trouvait dans une salle complètement sombre, mais la lumière provenant du corridor suffit à illuminer la Clio rouillée. Eléonore resta à l’observer quelques secondes avant d’effleurer l’interrupteur ; la lumière envahit le garage.
- Le coffre, cracha la jeune femme en désignant la voiture.
Tom alla à l’arrière du véhicule et souleva le coffre entrouvert. A l’intérieur, une bâche recouvrait quelque chose.
Un instant d’hésitation…
Priant pour que son cœur ne soit pas expulsé de sa poitrine par la force de ses battements, Thomas souleva la bâche et horrifié, il se mit à suffoquer. Ce doux visage qu’il avait caressé était couvert de contusions, ce regard qui avait véhiculé tant d’amour inspirait l’effroi et cette nuque où s’étaient déposés de doux baisers s’ornait d’hématomes noircis.
Telle gisait Julie, morte et perdue à jamais.
- Que… Que lui as-tu fait ? balbutia Tom en frissonnant.
- Que lui as-tu fait ! rectifia Eléonore.
Les souvenirs envahirent l’esprit du jeune homme, suivis d’une frayeur incontrôlable. Paniqué, il courut vers la sortie, bouscula sa voisine, traversa le long corridor tortueux à toute allure, sortit du 13 bis et se réfugia chez lui où il ferma la porte à double tour.
Essoufflé, il reprit sa respiration pendant quelques minutes puis décida d’aller inspecter son propre garage. La Clio bleue de Julie s’y trouvait mais à ce stade, cela n’étonnait plus Thomas.
Hagard, il ouvrit le coffre, saisit la masse bâchée qui s’y trouvait et alla dans sa chambre.

- La vue du sang t’as excité, sale pervers !
Les mots de Julie le blessèrent plus que s’il elle ne l’avait frappé. Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment était-elle capable de renier l’amour qui les unissait ?
- Tu ne me laisse pas le choix, souffla Tom.
- Que… éructa sa moitié.
Mais il était trop tard, Thomas avait pris sa décision et ne pouvait plus reculer. Déterminé, il apposa sa main devant la bouche de Julie, serra son bras contre son cou et l’amena difficilement sur le perron pendant qu’elle se débattait.
- Du calme, chuchota-t-il.
Les gémissements horrifiés parvenaient à peine à ses oreilles, le son étouffé par la main qui appuyait de plus en plus fort, empêchant la jeune fille de respirer. Tentant à tout prix de se libérer de cette étreinte forcée, elle se contorsionna dans tous les sens et essaya de frapper Tom.
Hélas, ce dernier tint bon et l’emmena à l’intérieur. Là, il envisagea de la lâcher pour lui faire entendre raison, mais à peine avait-il diminué la pression que Julie tentait d’appeler à l’aide.
Il plaqua à nouveau sa main sur ses lèvres et la frappa à plusieurs reprises ; rien n’y fit. Désespéré, Thomas décida de supprimer définitivement le risque d’être entendu. Sa main libre s’agrippa au cou de sa compagne et se contracta petit à petit, réduisant les gesticulations de Julie à néant.
Il eut besoin de plusieurs minutes avant de réaliser qu’il n’avait pas mis fin qu’à ses gesticulations.
Aussitôt, il sortit dans la rue et vérifia que personne n’avait été témoin de la petite altercation qui avait eu lieu dehors. Heureusement pour lui, il était tard et toute la rue était gentiment rentrée chez elle.
Tom ouvrit le garage et y parqua la voiture de Julie. Puis il se rendit dans le salon, saisit le corps inanimé et le plaça dans le coffre de la Clio avant de le recouvrir d’une bâche.

Le matin qui suivit sa mésaventure avec Eléonore, Thomas sortit pour aller travailler. Prudent, il décida de vérifier si sa voisine ne l’agresserait pas quand il se rendrait à sa voiture.
Cela ne risquait plus d’arriver.
Alors qu’il jetait un œil au 13 bis, Tom constata la disparition de la maison. Sa demeure n’était plus accolée à aucune autre ; le 13 bis avait disparu. A la place, une simple cour intérieure encadrait sa propriété.
Affolé, il retourna se barricader chez lui.
Tout au long de la journée, son téléphone fixe sonna plusieurs fois, puis ce fut au tour de son mobile. A aucun moment, Thomas n’eut le cœur à répondre. Allongé sur le canapé, recroquevillé comme un fœtus, il ne sortit de sa torpeur que lorsque la sonnette retentit, suivie de coups sourds.
On frappait à la porte.
Apeuré, Thomas osa à peine se relever du sofa et observa la silhouette de celui qui osait l’importuner. Eléonore revenait-elle pour torturer son esprit?
- Tom, ouvre, c’est Marc !
Marc, son collègue, son ami, son confident !
Thomas entrouvrit la porte et vit qu’il faisait déjà nuit.
- Ca ne va pas ? demanda Marc, inquiet.
- N… non, bégaya Tom.
- Je peux faire quelque chose pour toi ?
- Oui, lâcha l’autre après un petit instant de réflexion. Tu peux me dire si tu vois la maison mitoyenne ? Le 13 bis ?
Apparemment gêné, Marc regarda à droite, puis à gauche, avant d’observer longuement son ami.
- Mais Tom, il n’y a pas de 13 bis… il n’y a qu’une cour !
Les larmes vinrent aux yeux de Thomas et il se mit à trembler d’effroi. Jetant un dernier regard à son collègue, il lui claqua la porte au nez.
- Ouvre ! cria Marc en tambourinant. Tom ! OUVRE !
Appels inutiles ; Thomas était ailleurs. Monté à l’étage, il se dirigea vers sa chambre où il rejoindrait sa compagne.

Vous entrez dans ce qui a été votre nid d’amour, votre territoire personnel, où ont pu s’exprimer vos sentiments les plus forts.
- Chéri ? sa voix remplit votre cœur d’un bonheur indicible. Tu viens te coucher ?
- Oui, réussissez-vous à dire malgré l’émotion.
Vous commencez à vous déshabiller. Vous n’avez qu’une envie, vous blottir contre elle, sous la couette.
- Qu’est ce qui ne va pas, mon petit Tom ?
Elle vous tend la main, c’est l’occasion de demander pardon.
- Je m’excuse si mon attitude t’a blessée, formulez-vous. Je n’ai jamais voulu te faire de mal.
- Je sais mon Amour, souffle-t-elle. Je sais…
Excuses acceptées.
Du moins, c’est ce que votre esprit torturé réussit à vous faire croire. Convaincu que l’être qui vous était le plus cher vous a pardonné la mort atroce dont elle a été victime, vous vous allongez sur le lit, vos bras enlaçant ce qui reste d’elle.
- Je t’aime, dites-vous.
Votre folie a pris le dessus et vous ne vous apercevez même pas que le corps que vous serrez s’est à moitié décomposé. L’odeur de la mort a été recouverte par le doux parfum qu’elle portait, celui dont vous pouviez sentir les effluves durant ces rares moments de tendresse.
Désireux de vous couper du monde et de son horrible réalité, vous recouvrez vos deux corps de la bâche. Là encore, ce contact froid vous apparaît comme la plus douce des couvertures.
Tout ce que vous entendez, c’est la promesse imaginaire d’un amour retrouvé. Et sa voix suave qui laisse échapper ces trois mots :
- Je t’aime.

Vous pouvez retrouver MAX dans un entretien qu’il nous a accordé pour [DELIRIUM bIS].

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dimanche 8 février 2009

[DEMIURGE add] - WILSON Colin, Star Wars: Invasion, ou le retour des Yuuzhan Vong


[DEMIURGE add] - WILSON Colin, Star Wars: Invasion
, ou le retour des Yuuzhan Vong

Février 2009, la New York Comic Con 2009 est l'occasion pour l'éditeur Dark Horse Comics d'annoncer un nouvel ongoing estampillé STAR WARS. Baptisée INVASION, cette série débutera en mai et en juin sur le site officiel de Star Wars via une avant-première digitale, avant de débarquer dans les comic-shops dès le mois de juillet.

Luke Skywalker designé par Colin WILSON pour Star Wars: Invasion

C'est le dramaturge australien Tom TAYLOR, qui signe ici ses premiers pas dans le monde du comic-book, qui en écrira le scénario, tandis que les dessins seront confiés à un auteur habitué de la saga, à savoir le néo-zélandais Colin WILSON. Ce-dernier confie d'ailleurs la difficulté à dessiner les envahisseurs vong, lui qui avoue dans son interview au Star Wars Magazine # 75 avoir perdu l'habitude de dessiner des créatures quand il évoquait sa dernière contribution à l'Univers Etendu: "Comme je n'avais pas illustré de science-fiction depuis dix ans, ce sont les aliens qui m'ont posé le plus de problèmes". Assurément, la tâche de ces deux artistes sera lourde, car il s'agira de conter des épisodes de la guerre menée contre les belliqueux Yuuzhan Vong, guerre qui fut l'objet de la longue série de romans du NOUVEL ORDRE JEDI. Ils se pencheront plus précisémnt sur le drame vécu par une famille de de la planète Artorias , premier monde à subir l'arrivée des Vongs, et notamment le jeune Finn Galfridian et sa soeur Kaye.

Le format comics convenait à merveille à la Guerre des Clones, et nul doute qu'il s'adaptera parfaitement pour retranscrire la tension et les enjeux de cette invasion qui a marqué la Galaxie pour longtemps...

Voici la couverture et les premières pages de cette nouvelle aventure...

La couverture de l'épisode par Jo CHEN

Trois pages de preview pour Star Wars: Invasion, par Colin WILSON

D'autres illustrations pour Invasion

A VOIR
Le Blog Officiel de Colin WILSON
Le Site Officiel de Colin WILSON
Le Site Officiel de Dark Horse Comics
Interview de Colin WILSON dans Star Wars Magazine # 75, 2008, au sujet de sa contribution à l'Univers Etendu, et plus précisément, à la série Rébellion.
Interview de Colin WILSON au sujet de Star Wars: Invasion
Interview de Tom TAYLOR au sujet de
Star Wars: Invasion

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[DEMIURGE] - WILSON Colin, un auteur à la croisée des mondes de la bande-dessinée


[DEMIURGE] - WILSON Colin, un auteur à la croisée des mondes de la bande-dessinée

« No, I'm not THAT Colin Wilson, the writer of The Outsider and all those other books. I'm the comics Colin Wilson, with original stories published in the USA, UK and France… »

L’auteur se décrivant sur son blog personnel

Né le 31 octobre 1949 à Christchurch en Nouvelle-Zélande, Colin WILSON est un scénariste et dessinateur de bande-dessinée qui a œuvré autant sur les comics que dans le monde franco-belge. En 1967-1968, il étudie les Beaux-Arts à l’Université de Christchurch et se lance alors dans une carrière de photographe spécialisé dans le sport automobile, avant de se tourner vers l’illustration, notamment en créant le fanzine STRIPS en 1977. A l’origine, Strips était supposé rassembler le travail exclusif de WILSON, mais il ne tarde pas à s’ouvrir à d’autres auteurs néo-zélandais. En 1979, il co-scénarise et participe à l’illustration du comics The Adventures of Captain Sunshine, dont le premier épisode est tiré à 100.000 exemplaires, et vise à faire la promotion d’une montre/cadran solaire portable. C’est en 1980 qu’il choisit de migrer en Europe, s’installant à Londres, où il émerge dans le monde des comics en illustrant les séries ROGUE TROOPER et surtout JUDGE DREDD dans le magazine anglais 2000AD.

Illustration de Rogue Trooper par Colin WILSON

Il connaît aussi le succès dans la bande-dessinée franco-belge avec la trilogie Dans l'ombre du soleil qu’il illustre sur une histoire qu’il co-signe avec Thierry SMOLDEREN pour l’éditeur Glénat. Mais il participe également à la saga BLUEBERRY sur six albums de la saga La Jeunesse de Blueberry signés par Jean-Michel CHARLIER, puis François CORTEGGIANI, les cinq premiers étant dans un premier temps publiés chez Dupuis, puis repris ensuite par l’éditeur Dargaud.

Page intérieure encrée issue d'un album La Jeunesse de Blueberry par Colin WILSON

Avec ce succès, Colin WILSON devient un acteur incontournable de la BD faussi bien ranco-belge qu'anglo-saxonne, ce qu'a remarqué David BISHOP, éditeur du magazine 2000AD, quand il a exprimé sur son blog, dans son article Genius at Work consacré à l’auteur, l’idée que Colin WILSON était « a true rarity, a comics artist who's work has been acclaimed in America, Britain and most especially in Europe. »

Judge Dredd, sur la couverture de 2000AD # 1175 par Colin WILSON

Finalement, en 1997 il choisit de revenir vivre en Australe, continuant de travailler pour 2000AD sur la série Judge Dredd, où il prouve encore une fois son talent dans l’art d’illustrer la technologie futuriste, avant de captiver l’attention de l’éditeur Dark Horse Comics dans les années 2000. Il y office dans un premier temps comme cover artist pour plusieurs séries estampillées STAR WARS, puis finit par dessiner lui-même six épisodes de la série Rebellion, dont les deux faisant partie du crossover Vector, et trois autres de la série Legacy. En 2009, l’éditeur annonce à la New York Comic Con 2009, qu’il illustrera la nouvelle série STAR WARS: INVASION, qui explore l’univers de la saga pendant l’invasion des terribles Yuuzhan Vong décrite dans les romans du Nouvel Ordre Jedi.

Deux illustrations de commande mettant en scène les personnages de la saga Star Wars, par Colin WILSON

A noter qu’il a reçu en 2004 le Prix Saint-Michel pour la meilleure histoire avec l’album Du plomb dans la tête # 1 : Les Petits Poissons. Il faut aussi voir que Colin WILSON, à côté de son métier de dessinateur de BD, se consacre aussi à l'illustration. Voici donc quelques unes de ses oeuvres.

Illustration de Colin WILSON reprenant l'univers du jeu vidéo Resistance: Fall of Man

Illustrations de Colin WILSON sur le thème du jeu Gears of War

A VOIR
Le Blog Officiel de Colin WILSON
Le Site Officiel de Colin WILSON
Genius at Work, un article sur Colin WILSON sur le blog de David BISHOP, éditeur de 2000AD
BARLOW Jeremy & WILSON Colin,
Star Wars: Rebellion # 11: Small Victories #1, Dark Horse Comics, 2008
BARLOW Jeremy & WILSON Colin,
Star Wars: Rebellion # 12: Small Victories # 2, Dark Horse Comics, 2008
BARLOW Jeremy & WILSON Colin,
Star Wars: Rebellion # 13: Small Victories # 3, Dark Horse Comics, 2008
BARLOW Jeremy & WILSON Colin,
Star Wars: Rebellion # 14: Small Victories #4, Dark Horse Comics, 2008
BRUBAKER Ed & WILSON,
Point Blank # 1, Wildstorm, 2002
BRUBAKER Ed & WILSON,
Point Blank # 2, Wildstorm, 2002
BRUBAKER Ed & WILSON,
Point Blank # 3, Wildstorm, 2002
BRUBAKER Ed & WILSON,
Point Blank # 4, Wildstorm, 2002
BRUBAKER Ed & WILSON,
Point Blank # 5, Wildstorm, 2002
CHARLIER Jean-Michel & WILSON Colin,
La Jeunesse de Blueberry # 4 : Les Démons du Missouri, Dargaud, 1985
CHARLIER Jean-Michel & WILSON Colin,
La Jeunesse de Blueberry # 5 : Terreur sur le Kansas, Dargaud, 1987
CHARLIER Jean-Michel, CORTEGGIANI François & WILSON Colin,
La Jeunesse de Blueberry # 6 : Le Raid infernal, Dargaud, 1990
CORTEGGIANI François & WILSON Colin,
La Jeunesse de Blueberry # 7 : La Poursuite impitoyable, Dargaud, 1992
CORTEGGIANI François & WILSON Colin,
La Jeunesse de Blueberry # 8 : Trois hommes pour Atlanta, Dargaud, 1993
CORTEGGIANI François & WILSON Colin,
La Jeunesse de Blueberry # 9 : Le Prix du sang, Dargaud, 1994
CORTEGGIANI François, WILSON Colin & SURO Michel,
Thunderhawks # 1: Les Rangers du Ciel, Soleil Productions, 1992
CORTEGGIANI François, WILSON Colin & SURO Michel,
Thunderhawks # 2: Le Fantôme de la Sierra, Soleil Productions, 1994
CORTEGGIANI François, WILSON Colin & SURO Michel,
Thunderhawks # 3 : Lacrimas, Soleil Productions, 1995
DIGGLE Andy & WILSON Colin,
Losers # 26: UnAmerica # 1, Vertigo, 2005
DIGGLE Andy & WILSON Colin,
Losers # 27: UnAmerica # 2, Vertigo, 2005
DIGGLE Andy & WILSON Colin,
Losers # 28: UnAmerica # 3, Vertigo, 2005
DIGGLE Andy & WILSON Colin,
Bionic Commando: Chain of Command, sur Le Site Officiel de Bionic Commando, 2008
ENNIS Garth & WILSON Colin,
Battler Britton # 1, Wildstorm, 2006
ENNIS Garth & WILSON Colin,
Battler Britton # 2, Wildstorm, 2006
ENNIS Garth & WILSON Colin,
Battler Britton # 3, Wildstorm, 2006
ENNIS Garth & WILSON Colin,
Battler Britton # 4, Wildstorm, 2006
ENNIS Garth & WILSON Colin,
Battler Britton # 5, Wildstorm, 2006
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Ascent to Buzzard-Three # 1, dans 2000AD # 236, 1981
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Ascent to Buzzard-Three # 2, dans 2000AD # 237, 1981
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Ascent to Buzzard-Three # 3, dans 2000AD # 238, 1981
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Blue Moon, dans 2000AD # 241, 1981
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Fear to the Machine # 1, dans 2000AD # 246, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Fear to the Machine # 2, dans 2000AD # 247, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: Fear to the Machine # 3, dans 2000AD # 248, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: The Buzzard # 1, dans 2000AD # 251, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: The Buzzard # 2, dans 2000AD # 252, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: The Buzzard # 3, dans 2000AD # 253, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: War of Nerves, dans 2000AD # 258, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 1, dans 2000AD # 266, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 2, dans 2000AD # 267, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 3, dans 2000AD # 268, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 4, dans 2000AD # 269, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 5, dans 2000AD # 270, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 6, dans 2000AD # 271, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 10, dans 2000AD # 275, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 11, dans 2000AD # 276, 1982
FINLEY-DAY Gerry & WILSON Colin,
Rogue Trooper: All Hell on the Dix-I Front # 12, dans 2000AD # 277, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 1, dans 2000AD # 282, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 2, dans 2000AD # 283, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 3, dans 2000AD # 284, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 4, dans 2000AD # 285, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 5, dans 2000AD # 286, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 6, dans 2000AD # 287, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 7, dans 2000AD # 288, 1982
FINLEY-DAY Gerry, WILSON Colin & KENNEDY Cam,
Rogue Trooper: Marauder # 8, dans 2000AD # 289, 1982
GOSNELL Kelvin & WILSON Colin,
Tharg’s Future Shocks: Diversion, dans 2000AD # 222, 1981
GOSNELL Kelvin & WILSON Colin,
Tharg’s Future Shocks: Seeing Is Believing, dans 2000AD # 225, 1981
GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Sweet Taste of Justice, dans 2000AD Sci-Fi Special 1981
KEK-W & WILSON Colin,
Pulp Sci-Fi: Welcome to the Machine, dans 2000AD # 1119, 1998
MATZ & WILSON Colin,
Du Plomb dans la tête # 1 : Les Petits poissons, Casterman, 2004
MATZ & WILSON Colin,
Du Plomb dans la tête # 2 : Les Gros poissons, Casterman, 2005
MATZ & WILSON Colin,
Du Plomb dans la tête # 3 : Du bordel dans l’aquarium, Casterman, 2006
MORRISON Robbie & WILSON Colin,
Pulp Sci-Fi: The Irydian Factor, dans 2000AD # 1125, 1998
MORRISON Robbie & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Relentless # 1, dans 2000AD # 1237, 2001
MORRISON Robbie & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Relentless # 2, dans 2000AD # 1238, 2001
MORRISON Robbie & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Relentless # 3, dans 2000AD # 1239, 2001
MORRISON Robbie & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Hellbent, dans 2000AD # 1242, 2001
OSTRANDER John & WILSON Colin,
Star Wars : Legacy # 9, Trust Issues # 1, Dark Horse Comics, 2007
OSTRANDER John & WILSON Colin,
Star Wars : Legacy # 10, Trust Issues # 2, Dark Horse Comics, 2007
OSTRANDER John & WILSON Colin,
Star Wars : Legacy # 13, Ready to Die, Dark Horse Comics, 2007
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 1, dans 2000AD # 1213, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 2, dans 2000AD # 1214, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 3, dans 2000AD # 1215, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 4, dans 2000AD # 1216, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 5, dans 2000AD # 1217, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 6, dans 2000AD # 1218, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 7, dans 2000AD # 1219, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 8, dans 2000AD # 1220, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 9, dans 2000AD # 1221, 2000
RENNIE Gordon & WILSON Colin,
Rain Dogs # 10, dans 2000AD # 1222, 2000
SMOLDEREN Thierry & WILSON Colin,
Dans l’ombre du soleil # 1 : Rael, Glénat, 1984
SMOLDEREN Thierry & WILSON Colin,
Dans l’ombre du soleil # 2 : Mantell, Glénat, 1986
SMOLDEREN Thierry & WILSON Colin,
Dans l’ombre du soleil # 3 : Alia, Glénat, 1989
TOMLINSON John & WILSON Colin,
Tor Cyan: World of Hurt # 1, dans 2000AD # 1254, 2001
TOMLINSON John & WILSON Colin,
Tor Cyan: World of Hurt # 2, dans 2000AD # 1255, 2001
TOMLINSON John & WILSON Colin,
Tor Cyan: World of Hurt # 3, dans 2000AD # 1256, 2001
TOMLINSON John & WILSON Colin,
The Dead Sorcerer’s Coachman, dans 2000AD # 1263, 2001
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 1, dans 2000AD # 209, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 2, dans 2000AD # 210, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 3, dans 2000AD # 211, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 4, dans 2000AD # 212, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 5, dans 2000AD # 213, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 6, dans 2000AD # 214, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Body Sharks # 7, dans 2000AD # 215, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Numbers Racket # 1, dans 2000AD # 218, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: The Numbers Racket # 2, dans 2000AD # 219, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: Diary of a Mad Citizen # 1, dans 2000AD # 229, 1981
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd: Diary of a Mad Citizen # 2, dans 2000AD # 230, 1981
WAGNER John & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: War Games # 1, dans 2000AD # 1158, 1999
WAGNER John & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: War Games # 2, dans 2000AD # 1159, 1999
WAGNER John & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Doomsday # 1, dans Judge Dredd Megazine 3.56, 1999
WAGNER John & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Doomsday # 2, dans Judge Dredd Megazine 3.57, 1999
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Volt Face, dans 2000AD # 1167, 1999
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: The Cal Legacy # 1, dans 2000AD # 1178, 2000
WAGNER John, GRANT Alan & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: The Cal Legacy # 2, dans 2000AD # 1179, 2000
WAGNER John & WILSON Colin,
Judge Dredd - The Doomsday Scenario: Short Circuit, dans Judge Dredd Megazine 3.61, 2000
WILLIAMS Rob & WILSON Colin,
Star Wars: Rebellion # 15: Vector # 7, Dark Horse Comics, 2008
WILLIAMS Rob & WILSON Colin,
Star Wars: Rebellion # 16: Vector # 8, Dark Horse Comics, 2008
WILSON Colin, FARRELL Peter, MIDDLETON Roy, SANDLER Reuben, CROSS Helen, WYLIE Joe & BOZZOLI Jean-Luc,
The Adventures of Captain Sunshine, Sunshine Watches Ltd, 1979

Pages encrées de The Losers, par Colin WILSON

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