vendredi 9 janvier 2009

[MULTIVERSE] - Assassin's Creed, part I: Abyssus abyssum Invocat


[MULTIVERSE] - Assassin’s Creed, part I: Abyssus Abyssum Invocat

I- ABSTERGO ou L’OMBRE DES NEO-TEMPLIERS

abstergo
Latin
to wipe off, clean away

L’histoire du jeu Assassin’s Creed prend place alors que la société pharmaceutique Abstergo fomente l’enlèvement d’un jeune homme. Cette société sert en réalité de couverture à l’organisation des Néo-Templiers, qui tiennent entre leurs mains les rennes du monde depuis des siècles. L’homme qu’ils retiennent en captivité est un assassin. Il se nomme Desmond Miles. Il est le Sujet # 17.

Abstergo est une locution latine qui se traduit par « laver, effacer ». Une expression qui sous-entend leur volonté de laver les péchés du monde et de bâtir un Ordre Nouveau. Pour parvenir à cette fin, les Néo-Templiers tentent d’obtenir le contrôler total de l’humanité en utilisant de mystérieuses reliques qu’ils nomment fragments d’Eden. Ces artefacts, dotés de grands pouvoirs et au nombre de quarante, sont issus de toutes les civilisations…

Pour Abstergo, il faut les retrouver.

Et seul l’Animus peut les y aider.

II- ALTERNATIVE ou L’EFFET PAPILLON

L’Animus, une merveille de technologie

L’Animus est une création du docteur Warren Vidic et de son assistance Lucy Stillman. Il s’agit d’une machine sur laquelle le patient se couche pour se retrouver projeté dans le corps d’un de ses ancêtres et évoluer dans ses souvenirs. La réalité y est alors toute autre. Il s’agit d’une matrice, génératrice d’un monde conforme à la mémoire « collective », et qui ne laisse pas de place au hasard. Le choix n’a aucun impact dans ce monde. Toute divergence entraîne immédiatement une réinitialisation de l’environnement. Pourtant, on est en droit de s’interroger sur l’exacte conformité de cette projection. En effet, est-il possible que la mémoire enfouie reproduise tout un environnement ? L’évolution de Desmond dans ce monde montre qu’Abstergo a posé des « barrières », sortes de murs psychiques empêchant toute errance… Ces « murs » n’auraient aucun sens si Desmond ne faisait qu’évoluer dans le corps de son ancêtre. Dans l’expérience, il accapare donc une certaine influence, que Warren Vidic et Lucy Stillman se doivent d’endiguer… Il ne faut pas oublier la Théorie du Chaos qui veut qu’un simple détail peut engendrer d’importantes répercutions. Cette loi put aussi s’appliquer dans l’Animus.

Si Animus signifie en latin « âme », il prend un sens beaucoup plus important dans l’œuvre de Carl Gustav JUNG. Psychiatre et penseur suisse (1875-1961), il est le fondateur du courant de la psychologie analytique. Il définit ainsi l’Animus : « L'animus est quelque chose comme une assemblée de pères ou d'autres porteurs de l'autorité, qui tiennent des conciliabules et qui émettent ex cathedra des jugements "raisonnables" inattaquables.

Mais, à y regarder de plus près, ces jugements prétentieux sont pour l'essentiel un amoncellement de mots et d'opinions qui se sont accumulés dans l'esprit de la petite fille, puis de l'adolescente depuis l'enfance, et qui, recueillis, choisis et collectionnés peut-être inconsciemment, finissent par former un canon, une espèce de code de vérités banales, de raisons et de choses "comme il faut".

Cette codification du raisonnable correspond donc à une réserve de préjugés ; et dès qu'un jugement conscient, compétent et valable manque (ce qui, dans les complications de la vie, est souvent le cas), il y est fait appel comme à un arsenal inépuisable d'opinions disparates où l'on trouvera celle qui semblera convenir à la situation donnée.

Ces opinions apparaîtront, tantôt sous forme de ce qu'il est convenu d'appeler le bon sens, tantôt sous forme de principes, emblèmes de l'éducation reçue. Et la femme dira par exemple : "C'est ainsi que cela s'est fait depuis toujours", ou encore : "Mais tout le monde dit que ...". »

C.G. Jung, Dialectique du moi et de l'inconscient, Idées/Gallimard, 1973

Ainsi, à la lueur de l’œuvre de JUNG, il convient de s’interroger sur le fonctionnement de cet appareil qu’est l’Animus et les implications que son utilisation demande pour le patient.

III- ANIMUS ou LA DIALECTIQUE DE L’INCONSCIENT

Le fonctionnement de l’appareil passe par la confrontation avec l'inconscient. Carl Gustav JUNG distingue ainsi l'inconscient personnel et l'inconscient collectif, au sein duquel les archétypes ne sont pas des représentations héritées, mais des structures préformées du psychisme capables d'animer les matériaux qui composent la vie de l’individu.


Ainsi, s’il rappelle que « la vie psychique, dans son processus évolutif - comme tout processus d'ailleurs -, n'est pas simplement un déroulement conditionné de façon causale ; elle est aussi une démarche orientée vers une certaine fin, à laquelle elle tend ; la vie est aussi finalité », on peut comprendre qu’en se projetant dans l’esprit de son ancêtre, le sujet d’Abstergo est amené à se découvrir lui-même.

En effet, au cours de la prise de conscience des matériaux inconscients, deux attitudes contradictoires prévalent généralement : d'un côté, il y a ceux qui prétendent tout connaître, de l'autre tous ceux qui se sentent écrasés par les contenus de l'inconscient. Cette prise de conscience est difficile « car il s'agit du rapprochement et de la fusion de deux sphères qui jusque-là étaient anxieusement maintenues séparées l'une de l'autre, la sphère inconsciente et la sphère consciente». La nature humaine est composée de beaucoup d'ombre. Et parfois, cette ombre se réveille…

Ceci n’est donc pas sans danger. En effet, le Sujet # 16 semble avoir perdu l’esprit quand ses propres souvenirs ont fusionné avec ceux de ses ancêtres, précipitant sa désidentification, et mettant aussitôt fin à l’expérience. Cependant, alors qu’il perd son identité, le Sujet # 16 laisse de nombreux messages ineffables… Pour le moment, nul n’est capable de décrypter le sens de ce code… Pas même Desmond Miles.

Ainsi, après l’échec de l’expérience avec le Sujet # 16, les Néo-Templiers ont mis la main sur Desmond Miles qu’ils précipitent dans la peau de l’assassin Altaïr Ibn La-Ahad, assistant à ses actes pour en découvrir plus sur le passé de son ancêtre, mais aussi, inévitablement, sur lui-même.

A VOIR
Le Site Officiel d’Assassin's Creed
Assassin's Creed, Ubisoft, 2007
Assassin's Creed: Altaïr's Chronicles, Ubisoft, 2008

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Prochainement : [MULTIVERSE] - Assassin’s Creed, part II : De la dichotomie de l’âme, Desmond Miles/Altaïr... et Ezio

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