vendredi 9 janvier 2009

[DELIRIUM] - Souvenirs de la Troisième Guerre Mondiale IV


[DELIRIUM] - Souvenirs de la Troisième Guerre Mondiale IV

23 décembre 2017
Les larmes du mort

RIEN. AUCUN MOUVEMENT. LE SILENCE TOTAL.

Perchée sur ses longues pattes crochues, l’insecte évolue doucement sur cet œil vitreux envahi par des larmes salées cristallisées. Sous son poids, les cils fragilisés par le gel plient à se rompre, mais la créature inquisitrice ne bronche pas un instant. L'insecte ne se soucie pas de la gêne qu'il occasionne, et plante sans hésiter sa trompe aventureuse dans l'épaisse paupière, commençant dès lors à se nourrir de l'épais liquide carmin qui s'écoule dans ces veines humaines.

Le regard de l'homme est étonnamment vide. La présence du parasite ne le soucie guère, car il ne bouge plus. Son corps ankylosé n'ose même plus frémir quand le vent glacial pénètre la geôle et s'immisce timidement contre lui. Seuls ses poils se dressent encore quand il frissonne, mais son esprit n'occupe d'ores et déjà plus cette enveloppe charnelle inerte. Abandonné dans une cellule du CAMP DE LA MORT numéro 31, torturé par les ADEPTES pendant 30 JOURS ET 30 NUITS, SAINTE-CROIX n’est plus.

Une mince pellicule de poussière blanche repose sur son être, le figeant dans l'histoire pour l'éternité. Ce prisonnier est adossé contre un mur recouvert de glace, ses bras gisant sur le sol dans une mare de liquide écarlate. Après avoir sombré dans la colère. Après avoir sombré dans la mélancolie. Tout espoir a fini par l'abandonner sans prévenir, et un morceau de glace acéré lui a permis d'en finir. Les veines des poignets tranchées, il est mort dans son propre sang.

Exprimant toute sa douleur et ses doutes, elles sont devenues de magnifiques cristaux piégés sur ses joues. Magnifiques, elles sont là.

LES LARMES DU MORT.

19 septembre 2018
Les Libérateurs

Le temps de prendre une dernière respiration et la mort devrait s’abattre sur vous. Vous fermez les yeux, mais sentez l’ombre du poignard sacrificateur obscurcir le soleil. Soudain, un coup de feu. Le prêtre s’effondre sur lui-même. Son visage s’écrase à vos pieds, les yeux vidés de toute vie. D’autres coups de feu résonnent, et la folie gagne les Adeptes. Plusieurs corps sont fauchés, et dévalent les degrés de la pyramide ensanglantée. Vous avez du mal à réaliser ce qui se passe.
L’ETRANGER qui se tient devant vous rugit, mais ne panique pas. Ses doigts fins pianotent sur l’appareil technorganique qui occupe son bras droit, et une lumière aveuglante vient le happer… Il disparaît, tandis que les vaisseaux extraterrestres se retirent sans riposter, leurs boucliers affaiblis par les tirs de l’essaim de GUÊPES qui vous survolent. Ces hélicoptères pilonnent toutes les positions ennemies, ne leur laissant aucune chance. L’un des appareils stationne alors au-dessus de vous, héliportant une douzaine de commandos surarmés qui se laissent descendre grâce à leurs filins. Aussitôt, un soldat tranche vos liens et vous aide à vous lever, tandis que ses subalternes dressent un premier périmètre de sécurité. L’œil cybernétique qui occupe son orbite droit lui permet d’évaluer aussitôt votre état vital, et il transmet ses ordres télépathiques au docteur Eckhardt qui vient vous faire deux injections.
Le commando s’accroupit pour se mettre à votre hauteur.
- Capitaine Bauer, je suis Matthias Virgo, commandant des LIBERATEURS. Savez-vous où est SAINTE-CROIX ?
-Je… Je l’ignore. Ils nous ont emmenés dans un camp et nous ont torturés chaque jour… Ils ont tué Noah… Ils nous ont…
Vous craquez en repensant à ces moments de douleur.
- Ne vous en faites pas, nous sommes là maintenant. Vous êtes LIBRE.

31 mars 1517
Epiphanie

Voilà quinze journées que nous avançons dans la forêt, et nous n’avons rien vu de ces CITES D’OR. A croire que le moine divague… Dieu nous protège, mais je commence à douter de son existence. Cinquante-huit de mes hommes ont péri depuis que nous avons quitté Mexico…

Pourquoi devons-nous traverser toutes ces épreuves ? Qui aurait dit qu’il existait en ce monde des indiens cannibales ? Ou d’autres réducteurs de têtes ? J’ai affronté un loup-garou en France il y a huit ans, mais il n’avait pas la force de ces hommes qui se transforment en jaguar… Que de sorcellerie en ce Nouveau Monde… Et je ne parle pas des Autres, ce qui ne sont plus des nôtres, mais qui marchent sur Terre… Qui sont donc ces envoyés du DIABLE qui ignorent tout de l’existence de Dieu ? Serais-je entré en Enfer sans le savoir ? Je marche, et je fais pénitence.

Qu’est-ce dont que cette lumière d’or ? Aurais-je enfin trouvé Cibola ? Serions-nous enfin arrivés aux Cités d’Or ? Le ciel était envahi par un halo doré, et le tonnerre gronda. Un disque de cinquante mille pieds environ nous survolait, et je pris la décision de le suivre en lançant les chevaux au galop. Une heure passa, et le disque lumineux s’arrêta sans raison. Nous avons décidé de nous approcher, et avons découvert une vallée improbable, où des créatures sans nom bâtissent des PYRAMIDES d’or plus grandes encore que celles qui se trouvent en Egypte.

Et là, il est apparu. Dieu s’est présenté à moi. Haut comme deux hommes, il portait un suaire immaculé. La lumière irradiait de lui, et son auréole me permit de comprendre sa nature divine. J’ai oublié ce qui s’est passé ensuite. Mes hommes et moi nous sommes réveillés trois jours plus tard, dans une clairière où l’herbe avait été brûlée… J’ai vu les Cités d’Or, et J’AI RENCONTRE DIEU.

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