lundi 1 décembre 2008

[DELIRIUM] - Souvenirs de la Troisième Guerre Mondiale


[DELIRIUM] - Souvenirs de la Troisième Guerre Mondiale

28 août 2018
Opération Starscream


La mort est généreuse, et patiente, et elle gagne toujours. Elle gagne toujours, parce qu'elle est partout. Elle rôde, guette, et frappe. Inéluctablement, tout s’incline devant la mort.

Le cénote de Tikal… un putain de trou où j’ai été envoyé avec toute ma section. Un lieu mystérieux où sont apparus les vaisseaux de ces croisés extraterrestres il y a presque six ans. Le 21 DECEMBRE 2012… Une date qui a changé à jamais l’histoire de l’humanité. Nul ne sait pourquoi ils sont venus… Nul ne sait quand ils vont repartir… Ils attendent simplement au cœur de leur vaisseau. On les appelle LES ETRANGERS.

Ici-bas, les balles fusent et les corps tombent. Je suis en plein combat. La tension est telle que j’ai l’impression que mes tempes vont exploser. Les ennemis nous ont tendu une embuscade. Ce ne sont pas des Etrangers… juste des humains qui adhèrent à leur cause. LES ADEPTES, comme on dit chez nous, se sont convertis à une nouvelle religion vouée aux extraterrestres. Ce sont juste des fanatiques, des cinglés prêts à croire à n’importe quelle connerie sous couvert d’une ancienne prophétie maya…

On raconte tellement de choses à leur sujet. On dit que les Adeptes ont reçu des pouvoirs des mains des Etrangers, et qu’ils pratiquent la magie. On dit qu’ils peuvent vous pousser au suicide en vous regardant dans les yeux… On dit qu’ils peuvent se transformer en jaguars… On dit même qu’ils peuvent ressusciter… Putain de connerie ! Un Adepte manque de me faire la peau avec deux lames d’obsidienne, et je lui loge une balle en pleine tête… Pas de zombie. Que dalle ! Il reste aussi crevé que les autres.

La mort… cette odeur m'enivre à me faire bander. Au cœur de l'action, mon sang se met à bouillir et tout devient blanc dans mon esprit. Les doutes s'effacent et j'agis sans réfléchir. Tout va trop vite pour pouvoir penser. Il ne reste que l'action. Il ne reste que la mort. Je suis entraîné pour combattre les Adeptes. Je suis entraîné à tuer, et je tue. Je ne me pose pas de questions. Je suis entraîné pour tuer. Tuer sans réfléchir, obéir aux ordres, obéir pour tuer. Un mécanisme simple que je m'évertue à perpétuer sans discuter. Je ne suis pas apte à porter un jugement sur les actes des Etrangers ou de leurs ouailles. Je sais qu'ils sont mes ennemis, et je tue sans réfléchir. C'est ma mission, une mission qui transcende toute forme d'éthique.

A mort les Etrangers… A mort les Adeptes… Qu’ils crèvent tous. Sans exception…

7 juillet 2013
London Hero


Ce trou entre mes yeux. Ce sang qui m’aveugle. Cette douleur qui s’évanouit… et disparaît avec moi. Ce sont les preuves que les héros n’existent pas.

STARGRAVE. LE HEROS DE LONDRES. L’homme qui a sauvé toute la ville… L’homme que tout le monde admire, l’exemple pour tous les enfants. Un héros fabriqué de toutes pièces par les médias pour réconforter le peuple oppressé par les Etrangers. Combien de héros accepteraient autrement d’être sponsorisé par une marque de soda ? Combien de héros accepteraient des vacances sur l’île privée du président américain alors que la guerre fait rage ? Aucun… Stagrave n’est qu’une invention de toutes pièces.

J’étais là pendant l’INSURRECTION LONDONIENNE, mais je n’ai rien fais… J’ai appelé les Forces Spéciales en me terrant dans un coin, attendant le dernier coup de feu pour sortir. Un héros ? Tu parles… J’ai mouillé mon froc quand j’ai vu le premier Etranger arriver… C’est pour ça que j’ai participé à cette cérémonie en mon honneur ? Pour avoir pissé dans mon froc et passé un coup de fil ? Oui, c’est pour ça… Et c’est pour ça que je suis en train de crever, une balle entre les deux yeux…

L’ennemi aussi a peur des héros. L’avatar de la résistance, la figure du protecteur des valeurs humaines… L’homme à abattre selon les Adeptes… L’homme à abattre, et l’homme dont un sniper vient de défoncer la tête à l’aide d’une simple balle…

26 novembre 2019
La Vieille et l’Enfant


« Je les ai vu manger les morts », assura Gidéon Sagittarius en écarquillant grand ses yeux bleus. « Ils étaient plus morts que vivants depuis trois jours, mais à peine se sont-ils écroulés sur leurs jambes que les Autres se sont jetés sur eux pour les dévorer. »

L’ENFANT, qui n’avait pas plus de neuf ans, se tenait debout face à une vieille femme. Tous deux étaient extrêmement maigres, et portaient des loques qui parvenaient à peine à les réchauffer. Leur front était tatoué de signes luminescents, des marques inventoriant les occupants de ce lieu sinistre qu’est le CAMP DE LA MORT numéro 126.

LA VIEILLE s’approcha du jeune garçon et lui caressa le visage, tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes.
- Les Autres ne sont pas humains. Ce sont des monstres… chuchota-t-elle comme si elle souhait se rassurer elle-même. « Ils ne sont pas humains… », finit-elle en sanglotant, victimes de ses propres mots ravivant ce douloureux souvenir qu’était la venue des Etrangers.

Gidéon ne dit rien. Il savait que ce n’étaient que des mensonges… Toutes les grandes personnes mentent, et la Vieille aussi. Il a vu des gens disparaître à cause des mensonges. « Déshabillez-vous », avaient dit les Adeptes à ses parents avant de le laisser. Ses parents… des menteurs eux aussi… Ils lui avaient dit qu’ils allaient se laver quand ils sont entrés dans cette salle… Mais ils n’en sont jamais ressortis.

Trois ans qu’il est arrivé ici, et il en a entendu des mensonges… Ici, le Jardin d’Eden version apocalyptique, un endroit idéal pour grandir, un lieu où tout est corrompu… L’expression-même de la folie des adultes, une folie poussée à son paroxysme quand elle parvient à faire des hommes des Autres. Les Autres, ce sont simplement des adultes désespérés… Et tout le monde ici devient un Autre s’il n’est pas mort avant…

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